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Réponse
collégiale de l'équipe du Virus Informatique
à la lettre ouverte de M. Chardon (Microsoft France)
Suite aux
attaques de plus en plus virulentes qui se font sur Microsoft et sur
la personne même de son fondateur, le fringant nouveau
directeur de la filiale française, Marc Chardon, monte au
créneau.
Pour ce faire,
il a publié une lettre ouverte le 19 octobre 1998 sur le
site de Multimedium,
celui la même qui fut à l'origine de la
renommée
de Roberto di Cosmo, initiateur du mouvement. (Mise à jour
2008 : ce site n'existant plus, nous vous fournissons une copie de
cette lettre ouverte ci-dessous).
Peine perdue,
son message est tellement entaché d'erreurs et
d'imprécisions,
voire de hors sujets, qu'au final son intervention laisse un amer
goût d'improvisation ratée, chose que nous lui
avons
fait remarquer par le biais de son attachée de presse (seule
personne contactable et contactée à ce jour), Corinne Got.
Bien entendu,
M. Chardon refuse d'y répondre, et pour cause, nous ne
voyons
pas ce qu'on peut répondre à cela.
Tout ceci
résume à peu près l'état
d'énervement
mâtiné de panique dans lequel sont les
exécutifs
de Microsoft actuellement. Et ceci dénote aussi un fait
endémique de l'industrie informatique : les
exécutifs
sont de plus en plus ignares de la chose informatique, et qui plus
est tentent d'imposer leurs analyses déficientes à leurs
subordonnés, souvent plus au faite de la situation qu'eux.
Nous voyons aussi que Microsoft prend de plus en plus conscience de
la menace que constitue Linux.
L'argumentation
de Marc Chardon pêche par un manque de cohérence.
Pour
vous, chers lecteurs, nous allons reprendre ça et là
quelques points litigieux.
"L'une
des forces de Microsoft est que son fondateur, Bill Gates,
passionné
de technologie informatique, a su reconnaître des inventions
qui présentaient un potentiel d'innovation technologique. Il
a
ensuite pris le risque d'investir humainement et
financièrement
pour faire évoluer ce qui n'était au
départ que
des idées brillantes, vers des produits fortement innovants.
"
Vous confondez
les gens qui essaient de frayer dans toutes les directions et les
vrais gens de talent. Bill Gates n'a jamais fait que reprendre
à son
compte tout ce qui fut possible et imaginable (au grand dam de ses
adversaires). Vous devriez aussi citer par
honnêteté
tous les projets qu'il a financés qui se sont
révélés
être des échecs cuisants (Bob, MSN, MSX, etc.).
L'industrie du logiciel est florissante parce que le marché
est en
pleine expansion. Pour répondre à la demande (et
parfois la créer), de
nouveaux produits sont développés et les autres
sont constamment mis à
jour. Mais ce ne sont pas des innovations, juste des
améliorations
continues. Suivre le mouvement est une chose, innover en est une autre.
Quelle société va maintenant oser investir du
temps et de l'argent pour
développer une idée nouvelle ? Si elle
intéresse ou concurrence
Microsoft, elle sera aussitôt phagocytée (d'une
manière ou
d'une autre), et servira uniquement le bénéfice
de la firme de Redmond.
L'innovation naît de la concurrence et meurt du monopole.
"Ainsi,
par exemple, Microsoft n'a jamais contesté que le langage
Basic ait
été inventé par Kemmeny et Kurtz. ":
Et alors ?
(Hors sujet)
"Pour
autant, ce langage n'aurait pas pu être exploité
largement si Bill Gates n'avait pas développé en
assembleur un interpréteur Basic ultra compact (moins de 4
Ko), et ne l'avait ensuite porté sur plusieurs machines et
processeurs.":
Ah oui, le
fameux basic pour l'Altair ! Mais écoutez plutôt
cette
version de ce récit encensé à souhait
depuis : Bill
G. et Paul Allen n'avaient jamais eu un MITS Altair entre les mains
quand ils appelèrent MITS pour lui dire qu'ils avaient un
Basic pour lui. Le gars de MITS leur dit de venir le lui montrer (en
Arizona). Allen se mit alors à coder comme un fou, ne
s'arrêtant
pas, jusqu'au moment où l'avion atterrit.
Ce fut leur
premier vapourware, et soit dit en passant on n'y évoque que
le lieutenant Allen au clavier.
Par ailleurs, il faut aussi savoir qu'au début, le Basic de
Micro$oft
était loin derrière celui de Sinclair :
en 1983, lors de
sa tournée européenne pour tenter de vendre son
Basic, Bill
Gates a froidement affirmé à Sinclair que son
Basic était
alors le plus vendu au monde, avec 500.000 copies
distribuées. Inutile de dire
qu'il n'a pas brillé par sa connaissance de l'entreprise
qu'il démarchait ;
en effet, à ce moment-là Sinclair avait vendu plusieurs
millions
d'ordinateurs, chacun avec son Basic, qui était largement
plus apprécié...
"De
même, peu après, Bill Gates a vu en Tim Patterson,
inventeur de la souche de code Q-DOS, un informaticien de grand
talent. Tim Patterson était à l'époque
développeur indépendant et unique
employé de
Seattle Computer. Il a été recruté par
Microsoft, au même titre que d'autres développeurs
par
la suite. " :
Suite à
l'affaire Altair, nos deux compères achetèrent le
Q-DOS
(Quick & Dirty Operating System) de Seattle Computer (Tim
Patterson) sans rien y changer ou presque, à part le nom,
avant d'aller le présenter à IBM à
Boca Raton.
Citons aussi
pour la petite histoire que Tim Patterson fut le premier
étonné
de voir que son produit qu'il jugeait lui même imparfait eut
un
tel succès.
"Depuis
le code de base jusqu'au produit final, plusieurs mois de travail ont
été nécessaires, pendant lesquels Tim
Patterson
et de nombreux développeurs Microsoft ont fait
évoluer
la souche de code de Q-DOS, pour le rendre compatible avec les
standards de qualité de l'époque. " :
Vous admettez
vous-même que ce fut un travail laborieux. Car ce Q-DOS
était
vraiment "quick and dirty" (litt.: bâclé).
"Microsoft
recrute ainsi 4000 personnes par an, dont un grand nombre de
développeurs. Or, la demande en capital intellectuel est
immense dans l'industrie du logiciel, en particulier aux Etats-Unis,
ou est installée la majorité des grandes
entreprises du
secteur. Pour faire face à la pénurie
d'informaticiens,
le Congrès américain vient d'ailleurs de voter
une loi
autorisant l'immigration de 300.000 informaticiens
étrangers.":
Et alors ?
Votre laïus sur l'immigration et les visas H1 est hors sujet.
Au fait, quel
est le turn over de Microsoft ? Car dans toute world company digne de
ce nom, il faut savoir que sur les X milliers de personnes
embauchées
par an, seul un faible pourcentage passe le cap de la
première
année, une fraction infinitésimale y passe plus
de 2 ans.
Notez aussi que ce ne sont pas toujours les plus mauvais qui s'en
vont. Autre détail : d'où importez-vous vos
développeurs
? Pas de France j'espère, car c'est quand même un
pays
sous-développé en informatique (cf. plus bas).
Quoi,
j'ai dit une bêtise ?
"l'acquisition
de start-ups lui permet d'avoir une plus grande réactivite
et
de continuer à innover face à la concurrence. Sun
Microsystems, l'un des principaux concurrents de Microsoft,
créateur
du langage Java et des environnement systèmes autour de
Java,
a ainsi racheté un grand nombre de
sociétés au
cours des dernières années, parmi lesquelles
NetDynamics, Diba, Encore, IMP, Long View Technology, LightHouse
Design Lit, Chorus, Cray et encore récemment IPLANET. " :
Prendre Sun
comme l'un des principaux concurrents de Microsoft est un point qui
me semble plus que discutable : les marchés ne sont pas les
mêmes. D'autre part, comparer Cray à une start-up
est un
raccourci un peu rapide, sachant que cette entreprise fut
fondée
en 1972 par Seymour Cray. Dernier point : à ma connaissance
Cray a été rachetée par Silicon
Graphics en
1996, et non par Sun, ce qui en dit long sur votre manque
d'information. Encore une fois, vos éléments de
comparaison pêchent par leur piètre
qualité. Même
motif même punition pour IBM, vous êtes hors sujet
: vous
argumentez concernant le rachat de start-ups par la concurrence, mais
les "concurrents" que vous citez n'en sont pas, et de plus
vous citez beaucoup d'entreprises n'ayant rien à voir avec
des
startups. Si vous voulez citer de vrais concurrents, parlez donc de
Caldera, et évoquez les raisons invoquées par
Caldera
concernant le procès pour abus de position dominante, et la
façon dont vous avez éludé leur
attaque, en
découvrant - comme par hasard - que vous avez perdu vos
codes
sources !
"En
conséquence, au cours de ces années 96-97,
Microsoft a
acquis à l'extérieur une part de code plus
importante que dans
les années précédentes, la proportion
du code
développé en interne restant toutefois largement
majoritaire (plus de 90 %). ":
L'importance
du code n'est pas proportionnelle au nombre de lignes
écrites
contrairement à toute attente, bien au contraire. Plus un
code est
optimisé est souvent concis afin de nécessiter
moins de
mémoire et être plus rapide. Cessez ce petit
calcul
mesquin digne de tout manager inculte qui est de prendre les gens
pour ce qu'ils ne sont pas en les assommant de chiffres
inappropriés.
Et pour votre information, c'est peut-être les 10% de code
écrits par les start-ups rachetées par Microsoft
qui font que
votre société ne bat pas de l'aile aujourd'hui.
"On ne
peut nier que les entreprises privées, et Microsoft en
particulier, apportent une contribution essentielle au
développement
de la science informatique. On retrouve d'ailleurs une situation
comparable dans d'autres secteurs, comme celui de la pharmacie. ":
Bien sûr
que si ! Microsoft ne fait que racheter des start-ups dont les
fondateurs ont succombé à la tentation de
s'enrichir
rapidement (merci qui ?) au lieu de s'enrichir petit à petit
mais
plus sûrement. Vous dites vous-même que Microsoft
ne crée
rien au début "Comme pour toute entreprise
industrielle, le rôle de Microsoft consiste à
transformer une
invention en produit innovant.". Je n'aime pas trop cette
façon d'associer pompeusement Microsoft au fer de lance de
la
"science informatique".
Ne confondez
pas élevage en batterie avec agriculture traditionnelle.
"Une
des missions de notre support technique est, entre autres, de
remonter au siège de Microsoft les problèmes
rencontrés
par les utilisateurs, afin d'améliorer les produits. " :
Donc si je
comprends bien, vous prenez des notes et vous laissez les clients en
plan pour intégrer les corrections (et qui sait combien de
nouveaux bugs) dans vos versions postérieures, lesquelles
seront vendues a vil prix de "mise a jour" ? Précisez-moi
si j'ai bien compris SVP.
D'ailleurs,
nous avons signalé dans le Virus Informatique
des
erreurs dans les produits Microsoft qui n'ont toujours pas
été
corrigées dans les mises à jours successives.
"Microsoft
fournit aussi des correctifs gratuits pendant la durée de
vie
de ses produits. Ces correctifs apportent en même temps des
fonctionnalités nouvelles dites "mineures ", et ils
sont mis a disposition sur le site Web de Microsoft (2). " :
Depuis très
peu de temps, un peu avant le début de votre
procès si
je ne m'abuse. Avant cela il fallait débourser monnaie
sonnante et trébuchante contre cela, non ? Au fait, quelle
est
cette fameuse "durée de vie" de vos produits ?
Ensuite, ils s'autodétruisent ?
D'autre
part, que font les utilisateurs qui n'ont pas accès au
Web ? Sont-ils prévenus par d'autres moyens de
communication des correctifs éventuels ?
Quel est le
prix couvrant les frais de port d'un CD d'une mise à
jour "gratuite" ? Réponse : 80
F !
(pour information un CD sorti d'usine coûte 8 F et les
timbres 8 F également. Où passe le
reste ?)
D'autre
part, certaines versions de Office OEM sont boguées. Le Virus
Informatique a révélé que
vos revendeurs
étaient obligés de payer Microsoft pour qu'on
leur
explique comment contourner le bogue !
Enfin,
Microsoft refuse de corriger certains bogues signalés par
les
utilisateurs. Pourquoi ?
"Enfin,
n'oublions pas que le logiciel standard a un autre avantage: son prix
unitaire faible pour l'utilisateur, compte tenu des volumes de
diffusion atteints. ":
Linux et
beaucoup de ses applicatifs sont gratuits.
"Les
logiciels Microsoft sont certes consommateurs de ressources
matérielles, mais l'évolution
accélérée
de la technologie des PC (processeurs, mémoire, disque dur,
entrées / sorties, etc...) relativise fortement cet
état
de fait.
Par
ailleurs, l'augmentation de la taille des logiciels est directement
liée à l'amélioration de leurs
performances et services
rendus aux utilisateurs. " :
En ce qui
concerne Microsoft, j'ai cru constater l'inverse : plus le programme
est gros, et plus ses performances sont lamentables. A l'instar des
meilleures blagues, les meilleurs programmes sont souvent les plus
courts. Me trompe-je ? Avez-vous benchmarqué vos
applications
?
"Le
passage à l'interface graphique a ainsi
été un facteur
de consommation de ressources matérielles importantes. Au
début des années 90, au moment du passage de
MS-DOS à
Windows, tous les utilisateurs se souviennent d'avoir fait cette
constatation. Il a fallu plusieurs années pour que
l'interface
graphique rentre dans les moeurs, mais personne ne voudrait
aujourd'hui revenir à un traitement de texte à
commande
cryptique en mode caractère. "
Microsoft va
intégrer, grande nouveauté, un
interpréteur de
commande en mode texte dans son moderne Windows NT, non ?
"le
logiciel de traitement de texte Word occupait 10% du disque dur d'un
PC il y a 10 ans (2 Mo sur un disque dur de 20 Mo), alors qu'il
n'occupe plus que 1,2% du disque dur d'un PC d'aujourd'hui (environ
50 Mo sur un disque dur de 4 Go). " :
C'est fâcheux
: il n'en occuperait plus que 0.005% si sa taille restât
inchangée, permettant du coup de se faire oublier plus
facilement, car je doute que son usage fut quant à lui
multiplié par
25. Ce n'est pas parce que j'ai un gros disque dur que j'autorise
quiconque à venir le remplir avec ses programmes. Je
préfère
remplir mes disques avec des données. Avez-vous conscience
de
cela ? 50Mo pour imprimer une lettre au percepteur sont pour moi
beaucoup plus qu'il n'en faut. C'est inacceptable. De plus, je
préfère écrire mes thèses
et divers
écrits avec des logiciels plus stables (latex et consorts).
Il
ne faut pas confondre l'argumentation sur la taille et les
pseudo-fonctionnalités que vous êtes
censés offrir avec
une réelle augmentation de la productivité. Si
vous
vouliez vraiment être plus efficaces, vous devriez vous
concentrer sur la robustesse de vos applis, et ensuite sur leurs
fioritures.
"
Compétences 2000 est un programme de formation aux
technologies informatiques destiné au monde de
l'éducation,
à l'enseignement supérieur, aux professionnels de
l'informatique et aux demandeurs d'emplois. Il est le fruit d'un
partenariat innovant entre l'industrie des technologies de
l'information (dont Microsoft), les professionnels de la formation et
de l'enseignement, le secteur public et les collectivités
locales. Il vise à créer une véritable
dynamique
visant à réduire, en France, la
pénurie de compétences
techniques, pénurie depuis longtemps mise en
évidence
par les analystes et les professionnels de l'informatique. ":
Si la France
était si en retard que cela, pourquoi croiriez-vous que tant
d'entreprises américaines, dont Microsoft recrutent des
français ? Ont-elles envie de couler ? Cessez-la ces
arguments
stupides de soi-disant retard français, ils ne tiennent pas
la route.
Ça me fait penser à la
réponse "poil à gratter" de di Cosmo
à ce programme...
Vous serez surpris de constater qu'une fois de plus, la
générosité de
kro est... payante!
"En ce
qui concerne Microsoft, la qualité de nos logiciels a en
tous
cas été reconnue, au point de satisfaire
aujourd'hui
les besoins de dizaines de millions d'utilisateurs dans le monde. ":
Ah oui, et
reconnue par qui donc je vous prie ? Car de mon coté, tout
le
monde est unanime : ils s'en passeraient bien, et notamment de
l'obligation professionnelle qu'ils ont à faire figurer vos
produits dans leurs CV !
"50
milliards de mouches ne peuvent avoir tort : bouffez de la
merde !"
"La
stratégie commerciale de Microsoft implique une relation de
partenariat avec les développeurs et les constructeurs, afin
d'offrir des produits performants aux utilisateurs finaux. ":
Il ne faut pas
confondre partenariat et strangulation, allez en discuter avec Andy
Groove de chez Intel (lui aussi en butte à certains
problèmes
de monopole) ou Netscape, Real Networks, Stacker et tant d'autres.
"La
vente d'un PC avec Windows relève d'une
nécessaire
intégration en amont, et non pas de la vente
liée. ":
Désolé
de vous contredire, c'est par définition une vente
liée,
proscrite par la loi. D'autres systèmes sont en vente, on
aimerait parfois ne pas être obligé de payer le
vôtre
avant d'installer celui des autres. Allez relire votre code du
commerce SVP.
"Il
existe plusieurs canaux de vente de PC, et les utilisateurs ont le
choix entre des constructeurs internationaux, des constructeurs
nationaux, et des assembleurs. Ces derniers, qui
représentent
environ 30 % du marché français, vendent des PC
en offrant le
choix du système d'exploitation. Ils vendent
également
des machines sans système d'exploitation, sur lesquelles
peuvent être installés des logiciels comme Linux.
Ce canal
intéressera donc une population plus
expérimentée
en informatique. En revanche, la grande majorité des
clients,
y compris en entreprise, demandent à
bénéficier
de PC sous Windows, selon les constructeurs " :
Linux
préinstallé peut convenir tout à fait
une
population de débutants. Ce système n'est pas
réservé à des informaticiens
expérimentés.
Mais quel constructeur va installer Linux alors qu'il a payé
pour Windows sur tous les postes qu'il produit, même s'ils
n'en sont pas équipés ? Quand un client
demande à
l'une des grandes marques un PC sans Windows, on refuse de lui
rembourser le prix de votre logiciel. Je ne vois pas pourquoi je
devrais être obligé d'aller chez un assembleur si
je veux un PC
avec Linux (ou un autre système). Et dans le cas d'un
portable, cela relève de la gageure !
"En
effet, aucune règle contraignante n'empêche le
marché
d'adopter d'autres technologies que celles de Microsoft. Si Microsoft
bénéficiait d'une rente de situation,
l'entreprise
pourrait imposer une augmentation du prix de ses produits. Or le prix
de Windows est resté stable au cours des cinq
dernières
années":
Dans le même
temps, les autres coûts n'ont fait que baisser
(mémoire,
processeurs, disques, etc.), souvent d'un facteur supérieur
à
10 en rapport performances/prix.
Si je ne
m'abuse, la diffusion des Windows bat des records, ce qui vous
permet (d'après vos dires) de réaliser
d'importantes
économies d'échelle. Pourquoi dans ce cas ne pas
répercuter ces économies sur vos prix ? Votre
bénéfice
annuel le permet... Serait-ce à cause du "manque de
concurrence" ? Pire, le prix de Windows 3.11 est à la
hausse ! Certaines sociétés qui l'ont
installé sont obligées de continuer à
travailler avec, et vous en profitez.
D'autre part,
pouvez-vous me donner une copie de contrat OEM que je puise
vérifier
votre assertion: "aucune règle contraignante
n'empêche
le marché d'adopter d'autres technologies que celles de
Microsoft"
? N'y lit-on pas que vous doublez vos prix à la moindre
infidélité ?
"Or le
prix de Windows est resté stable au cours des cinq
dernières
années, alors que les services qu'il offre ont
été
très largement étendus (intégration
d'Internet,
support de l'Universal Serial Bus, outils d'auto-maintenance,
graphiques 3D plus rapides, meilleur support des jeux, etc.)":
La plupart des
drivers ne sont pas développés par Microsoft,
n'est-ce
pas ? Pourquoi vous attribuer le fruit du travail des autres ?
"Microsoft
est une entreprise composée d'hommes et femmes,
passionnés
de technologies, qui sont des citoyens responsables et respectueux
des lois avant d'être des salariés Microsoft. Il
est
donc déraisonnable de faire croire que Microsoft pourrait
attenter à la démocratie et aux
libertés individuelles.
":
On entend le
même discours dans les sectes. Et voyez aussi ces
armées
capables de décimer leur propre peuple.
Vous auriez pu aussi parler de la reconnaissance du ventre,
ça aussi ça marche bien.
"Ainsi,
et même en imaginant que Microsoft fournirait tous les
standards utilisés par le réseau - ce qui n'est
évidemment pas le cas, Microsoft supportant une liste
très
large des standards du marché définis par des
organismes
indépendants - cela ne permettrait pas plus à
l'entreprise de
contrôler l'Internet, que cela n'a permis à France
Telecom de contrôler les conversations
téléphoniques.
":
Mauvais
exemple : rien n'empêche techniquement France
Telecom de
vous écouter téléphoner. De
même que rien
n'empêche Microsoft d'envoyer frauduleusement la liste des
applications de votre disque dur à Redmond le jour de votre
inscription à MSN (cf. l'épisode de MSN Wizard
dans
Windows 95).
"Le
parc installé [de linux] est estimé a 6 millions
de licences dans le
monde. ":
On ne parle
pas de "licences" dans ce cas précis, puisqu'il
s'agit de free software. Et puis, vous ne faites que citer l'une des
plus faibles estimations du nombre de linux installés.
D'autres sont
de 8 ou 10 millions, et l'une d'elles va même
jusqu'à 38 millions !
Manqueriez-vous d'informations ? A ce sujet
d'ailleurs, avez-vous oublié la promesse de Bill Gates de
porter vos
applications sur toute plate-forme totalisant plus de 2 millions
d'utilisateurs ? Et pour OS/2 à propos ?
"Il
apparaît que Linux ne répond pas aujourd'hui aux
exigences de la plupart des entreprises, et encore moins du grand
public. " :
Pourquoi ?
Citez-moi vos sources, je vous prie. Est-ce trop stable ? Pas assez
cher ? Alors pourquoi ce ralliement autour de Linux de la part de
sociétés aussi importantes qu'IBM, Oracle, Intel,
Corel, Netscape, et tant d'autres dont, ô divine surprise,
Microsoft
? Pour ce qui est du grand public, je crois qu'il s'accommode fort
bien de Linux : même interface graphique,
stabilité
accrue, et même possibilité de faire tourner les
applications Windows grâce aux émulateurs
existants
(dont Wine pour ne citer que lui).
"Linus
Torvald a quitté l'université l'an dernier pour
rejoindre une entreprise californienne. Le développement de
Linux s'est depuis considérablement ralenti. De
même, le
maintien de chaque fonctionnalité de Linux dépend
de la
mobilisation des équipes. Ainsi, certaines
fonctionnalités
n'ont pas connu d'actualisation depuis deux ans. ":
Linus TorvaldS
s'écrit avec un S a la fin (faute faite 3 fois!), comme Bill
GatSe.
Citez donc vos
sources concernant le ralentissement du développement de
Linux, car en ce qui nous concerne, le noyau 2.2 devrait sortir avant
la fin de l'année. Encore un manque d'informations ?
D'autre part,
le rythme des mises à jour du kernel a certes
diminué depuis
les temps héroïques des premières
versions, mais
plus en raison de la grande stabilité et de l'absence de
bogue de ce système qu'à une
éventuelle inactivitée
des développeurs. Chaque fois qu'un bogue a
été
trouvé, il a été corrigé
rapidement,
souvent dans la journée. Pouvez-vous en dire autant de
Windows ?
Les nouvelles
versions du kernel intègrent surtout des ajouts de fonctions
(reconnaissance de différents formats
d'exécutables,
multiprocessing, nouveaux systèmes de fichiers, etc.). D'un
autre coté, le nombre d'applications
développées
pour Linux croit quant à lui exponentiellement.
"L'installation
de Linux est délicate":
De nos jours,
Linux est plus facile à installer que Win 98, et offre en
outre plus
de fonctionnalités. Mais une question : avez-vous
installé vous même les deux pour
comparer ?
"Pour
que la performance du système soit optimale, chaque version
doit être réglée sur chaque ordinateur
à chaque
installation, par un informaticien compétent. Sa mise en
oeuvre et son administration ne sont donc pas à la
portée
d'un informaticien habitué aux systèmes plus
conviviaux, et encore moins d'un utilisateur de base." :
Totalement
faux : on peut fort bien démarrer avec une distribution de
base sans chercher à recompiler le kernel, mais souvent les
utilisateurs se prennent à en vouloir plus, et apprennent
à compiler
un kernel, etc. pour optimiser leur configuration. Donc Linux rend
plus "intelligent" (i.e.: fonctionnel) les utilisateurs un
tant soit peu intéressés.
C'est
exactement la même chose avec Windows, sauf qu'on peut y
faire moins de réglages d'optimisation.
"
L'utilisation de Linux est complexe, les logiciels fonctionnant en
général avec des commandes en mode texte. ":
Ca dépend
de quoi vous parlez. Allez essayer les suites bureautiques
disponibles et on en reparlera. De même qu'on en reparlera
aussi quand vous m'aurez expliqué pourquoi le
développement de
windowsNT tend à assimiler un mode "unix" en ce moment :
intégration d'une interface ligne de commandes en mode
texte, etc. (cf. plus haut)
"Enfin,
les logiciels d'application fonctionnant sous Linux ont le plus
souvent des fonctionnalités limitées. Les
traitements
de texte disposent rarement de fonctions aujourd'hui courantes sur PC
ou Macintosh: corrections orthographiques à la
volée,
saisie graphique de tableaux, intégration de graphiques
provenant d'applications. La majorité des logiciels de
traitement de texte sous Linux s'apparentent encore a "
Microsoft Write " qui date de 1985. ":
Je ne vous
ferai pas de topo sur ce qui est disponible actuellement, et sur ce
qui déferlera prochainement sur cette plate-forme, car c'est
à
vous de vous informer, avant de raconter n'importe quoi. De
plus, pourquoi la concurrence devrait-elle adopter toutes vos tares
comportementales, consistant à surcharger stupidement les
programmes
de fonctions à tout le moins inutiles ? Et vous devriez au
moins
corriger les fautes de votre correcteur orthographique, ou au moins y
rajouter des termes nouveaux, comme Linus TorvaldS ;-)
Les Ulis, le 19 octobre 1998
Madame, Monsieur,
Vous le savez, je viens d'avoir le plaisir de prendre la Direction
Générale de Microsoft France suite à
la promotion aux Etats-Unis de Jean-Philippe Courtois.
En quelques semaines j'ai découvert une
entreprise performante et innovante, mais aussi responsable et
profondément soucieuse d'écouter et de satisfaire
ses clients et ses partenaires.
Comme toute entreprise, Microsoft a des concurrents et
des détracteurs, néanmoins j'ai
été fortement surpris par la nature et la
violence de certaines attaques récentes, qui
décrivent une entreprise qui n'a rien en commun avec celle
que je côtoie tous les jours.
Il m'est donc apparu important que Microsoft publie
une Lettre Ouverte expliquant la réalité de sa
position par rapport aux critiques les plus injustes dont nous faisons
l'objet. Cette Lettre Ouverte, dont vous trouverez ci-joint un
exemplaire, ne prétend pas présenter Microsoft
sous un jour idéal, ni convaincre que nous sommes une
entreprise sans défaut, mais a simplement pour but de
préciser certains points.
Veuillez agréer, Madame, Monsieur,
l'expression de mes plus cordiales salutations,
Marc CHARDON
Directeur Général
LETTRE OUVERTE...
à
nos milliers de clients, nos milliers de partenaires,
accusés d'être de bien candides victimes.
Microsoft est en France la firme
préférée des cadres d'entreprise (1).
Le succès de Microsoft suscite pourtant de
la part de certains observateurs des commentaires acerbes, et ce
phénomène a tendance à s'amplifier
à l'occasion du procès dont l'entreprise fait
l'objet aux Etats-Unis.
Il est désormais courant de voir relayer
des rumeurs qui participent à la construction d'un mythe,
selon lequel Microsoft serait une entreprise à but
principalement hégémonique.
Microsoft a sans aucun doute sa part de
responsabilité, et nous ne contestons pas que l'on puisse
critiquer l'entreprise, ce qui nous paraît relever du droit
de contradiction le plus élémentaire.
Mais nous contestons les moyens utilisés
parfois pour le faire.
Les thèses les plus fréquemment
avancées ne sont pas étayées par des
études, les références et citations ne
sont pas attribuées et les jugements, souvent
péremptoires, ne font que reprendre des rumeurs non
fondées qui circulent sur l'Internet.
Ceci ne serait sans doute que peu de chose, si la
critique n'avait récemment atteint ceux-là
mêmes à qui nous devons notre succès.
Devant tant de mépris, c'est le respect que
toute entreprise doit à ses clients et partenaires qui nous
pousse aujourd'hui à réagir.
Microsoft
n'aurait jamais rien inventé
Cette vision des choses illustre une confusion
fondamentale dans l'interprétation des notions d'invention
et d'innovation technologique.
Comme pour toute entreprise industrielle, le
rôle de Microsoft consiste à transformer une
invention en produit innovant.
Une découverte ou invention ne
représente un capital exploitable que si elle peut se
traduire en innovation technologique, c'est à dire si elle
peut être intégrée dans un produit
utile, qui satisfait un nouveau besoin, à un prix acceptable
par le marché.
Dans tous les domaines, des milliers d'inventions
restent à tout jamais inexploitées, la
créativité des inventeurs ne correspondant
malheureusement que rarement aux critères de l'innovation
technologique.
L'une des forces de Microsoft est que son fondateur,
Bill Gates, passionné de technologie informatique, a su
reconnaître des inventions qui présentaient un
potentiel d'innovation technologique. Il a ensuite pris le risque
d'investir humainement et financièrement pour faire
évoluer ce qui n'était au départ que
des idées brillantes, vers des produits fortement innovants.
Ainsi, par exemple, Microsoft n'a jamais
contesté que le langage Basic ait été
inventé par Kemmeny et Kurtz. Pour autant, ce langage
n'aurait pas pu être exploité largement si Bill
Gates n'avait pas développé en assembleur un
interpréteur Basic ultra compact (moins de 4 Ko), et ne
l'avait ensuite porté sur plusieurs machines et processeurs.
Ce travail de développement et d'adaptation pour plusieurs
plates-formes a permis à Microsoft de licencier sous forme
de royalties cet interpréteur Basic à de nombreux
constructeurs de l'époque comme Commodore ou Atari. Apple,
créée deux ans après Microsoft,
bénéficia dès le départ du
Basic interprété de Microsoft dans ses Apple II.
De même, peu après, Bill Gates a
vu en Tim Patterson, inventeur de la souche de code Q-DOS, un
informaticien de grand talent. Tim Patterson était
à l'époque développeur
indépendant et unique employé de Seattle
Computer. Il a été recruté par
Microsoft, au même titre que d'autres développeurs
par la suite.
Depuis le code de base jusqu'au produit final,
plusieurs mois de travail ont été
nécessaires, pendant lesquels Tim Patterson et de nombreux
développeurs Microsoft ont fait évoluer la souche
de code de Q-DOS, pour le rendre compatible avec les standards de
qualité de l'époque.
La démarche a été
identique dans le monde des applications et sur des technologies plus
récentes.
Pour innover, une entreprise de logiciels
comme Microsoft doit savoir identifier des collaborateurs à
fort potentiel, les recruter et les conserver, en leur donnant les
moyens de développer leur intelligence et leur
créativité au service de l'entreprise.
En effet, la matière première
d'une entreprise de logiciels est exclusivement constituée
de matière grise: la performance de Microsoft tient donc
à sa capacité à recruter de bons
collaborateurs
Microsoft recrute ainsi 4000 personnes par an, dont un
grand nombre de développeurs. Or, la demande en capital
intellectuel est immense dans l'industrie du logiciel, en particulier
aux Etats-Unis, où est installée la
majorité des grandes entreprises du secteur. Pour faire face
à la pénurie d'informaticiens, le
Congrès américain vient d'ailleurs de voter une
loi autorisant l'immigration de 300.000 informaticiens
étrangers.
Les bons développeurs font donc l'objet de
fortes sollicitations de la part des entreprises. Il résulte
de la loi du marché que ceux-ci passent parfois d'une
entreprise à l'autre, avec ce qui constitue leur valeur,
c'est à dire leur capacité à inventer
des concepts ou à développer des produits.
Oui, par exemple, Windows NT a
été conçu par Dave Cutler, ancien
employé de la firme Digital et l'un des créateurs
du système VMS. Cette affirmation est conforme à
la réalité, mais elle ne constitue pas pour
autant une révélation tapageuse.
Microsoft a recruté Dave Cutler en 1988. Il
était à l'époque chez Digital.
L'entreprise lui a confié à partir de 1989 le
pilotage du projet Windows NT. La première version de ce
logiciel est sortie 4 ans plus tard en 1993, grâce au talent
de Dave Cutler, mais également au travail de plusieurs
centaines de développeurs Microsoft.
Le rachat de start-ups
innovantes par d'autres entreprises fait partie de la dynamique du
marché informatique: l'évolution rapide de la
technologie a suscité une politique d'acquisitions de la
part de toutes les grandes entreprises du secteur, et pas seulement de
Microsoft.
Une entreprise, en particulier dans le secteur des
nouvelles technologies de l'information, doit toujours avoir une
longueur d'avance pour répondre à
l'évolution rapide du marché. L'entreprise ne
disposant pas toujours en interne des produits permettant de satisfaire
la demande au bon moment, l'acquisition de start-ups
lui permet d'avoir une plus grande réactivité et
de continuer à innover face à la concurrence. Sun
Microsystems, l'un des principaux concurrents de Microsoft,
créateur du langage Java et des environnement
systèmes autour de Java, a ainsi racheté un grand
nombre de sociétés au cours des
dernières années, parmi lesquelles NetDynamics,
Diba, Encore, IMP, Long View Technology, LightHouse Design Lit, Chorus,
Cray et encore récemment IPLANET.
IBM, autre concurrent de Microsoft, a
également effectué de nombreuses acquisitions,
non seulement de start-ups innovantes, mais aussi
de sociétés bien établies, disposant
de parts de marché conséquentes, comme Lotus
(pour 3 milliards de dollars américains en 1995) ou Tivoli
(pour 1 milliard de dollars américains en 1996).
Microsoft ne s'est lancé que tardivement
(il y a moins de 5 ans) dans le rachat de certaines start-ups,
ayant privilégié jusqu'alors le recrutement de
nouveaux collaborateurs. C'est en effet l'évolution rapide
du marché à partir de 1995, correspondant aux
grandes années du développement de l'Internet,
qui a suscité le rachat de plusieurs entreprises par
Microsoft. Ces petites sociétés, souvent non
cotées au Nasdaq, employaient des développeurs de
qualité sur des technologies naissantes. Ces technologies
ont donc pu être intégrées dans les
plates-formes Microsoft, et ont ainsi pu connaître une grande
diffusion.
En conséquence, au cours de ces
années 96-97, Microsoft a acquis à
l'extérieur une part de code plus importante que dans les
années précédentes, la proportion du
code développé en interne restant toutefois
largement majoritaire (plus de 90 %).
Les start-ups qui ont
été rachetées ont
été doublement gratifiées: au plan
financier, puisque leurs fondateurs et développeurs sont
devenus très riches du jour au lendemain; au plan
commercial, puisque leurs créations ont
été largement diffusées et
utilisées au travers des produits Microsoft.
Microsoft est l'une des 5
premières entreprises mondiales, tous secteurs confondus, en
matière d'investissements en recherche et
développement.
Microsoft consacre 17% de son chiffre d'affaires, soit
cette année 3 milliards de dollars américains, en
investissements consacrés à la recherche et au
développement.
On ne peut nier que les entreprises
privées, et Microsoft en particulier, apportent une
contribution essentielle au développement de la science
informatique. On retrouve d'ailleurs une situation comparable dans
d'autres secteurs, comme celui de la pharmacie.
Ainsi, ce sont des équipes de recherche
regroupant au total 400 personnes, rassemblant des
personnalités parmi les plus estimées du secteur
(telles que Jim Gray, le créateur du transactionnel CICS
chez IBM ou Rick Rashid, l'inventeur des micro-noyaux), et
renforcées par plus de 13.000 développeurs et
testeurs, qui construisent chaque jour le succès de
Microsoft.
Ces équipes de recherche,
établies aux Etats-Unis mais aussi en Europe, à
Cambridge, travaillent sur des technologies
génériques qui ont pour vocation à
être ensuite intégrées sous forme de
composants dans les systèmes et applications Microsoft.
Parmi ces principaux axes de recherche, on peut citer:
- les techniques d'intelligence artificielle,
destinées à simplifier l'interface entre l'homme
et la machine;
- les architectures réseaux et serveurs
distribués pour permettre la montée en puissance
des serveurs à base de PC;
- les techniques de programmation et de tests
logiciels, pour permettre de développer et de mettre au
point plus rapidement et de façon plus fiable les logiciels.
Les
produits Microsoft seraient d'une qualité médiocre
La technologie Microsoft vise à satisfaire
les besoins du plus grand nombre d'utilisateurs, dont la plupart ne
sont pas des spécialistes, et pour qui l'informatique est un
outil dont le maniement doit être simple.
Nous n'évoquerons donc ici que les
thèmes qui intéressent directement les
utilisateurs de notre technologie, réservant à
d'autres lieux les polémiques de spécialistes.
Les logiciels Microsoft peuvent certes
contenir des bogues, comme tous les logiciels.
Les bogues sont en particulier liés
à la complexité et au nombre de configurations
différentes sur lesquels les produits doivent
s'exécuter. Par ailleurs, les développeurs sont
des hommes et pas des machines, et peuvent donc être
faillibles. Cette constatation générale
n'empêche pas Microsoft de travailler en profondeur sur les
méthodes de conception de ses logiciels, et de consacrer
d'importants investissements aux procédures de tests, afin
de réduire au maximum les bogues. Nous ne contestons pas le
fait que nous devons faire encore plus d'efforts dans ce sens.
L'amplification apparente de ce
phénomène est très liée au
fait que nos produits sont diffusés très
massivement, et que, corollairement, le nombre de cas de figure
d'utilisation de nos logiciels, notamment dans des environnements
professionnels exigeants, est très
élevé. Microsoft a en effet fait le choix
difficile d'assurer l'interopérabilité de ses
produits avec des plates-formes informatiques multiples, pour
répondre à la demande de ses clients.
Une des missions de notre support technique est, entre
autres, de remonter au siège de Microsoft les
problèmes rencontrés par les utilisateurs, afin
d'améliorer les produits.
Microsoft fournit aussi des correctifs gratuits
pendant la durée de vie de ses produits. Ces correctifs
apportent en même temps des fonctionnalités
nouvelles dites "mineures ", et ils sont mis à disposition
sur le site Web de Microsoft (2).
Les logiciels Microsoft se veulent des
produits standards: ils contiennent un grand nombre de
fonctionnalités pour pouvoir satisfaire des utilisations
très variées.
Une autre critique fréquente consiste
à dire que nos logiciels sont encombrés de
fonctionnalités inutiles et que seules 5 % des
fonctions sont réellement utilisées de
façon courante.
La sagesse populaire récuserait l'argument
au nom du « qui peut le plus peut le
moins », mais nous ne nous en contenterons pas.
Les fonctions intégrées dans les
logiciels Microsoft le sont après une analyse approfondie
des besoins des consommateurs, grâce à la
compilation des informations qui arrivent aux services clients de
toutes les filiales Microsoft, et aux méthodes
éprouvées que sont les « Usability
Labs ».
Dans les Usability Labs, on
demande à des utilisateurs néophytes de prendre
en main les nouveaux logiciels sur des PC. Les testeurs analysent le
comportement des utilisateurs – qui ne sont pas
aidés – et les filment. Les utilisateurs sont
ensuite interrogés sur les difficultés qu'ils ont
rencontrées, l'usage qu'ils feraient de telle ou telle
fonction; et l'analyse de leurs réponses donne lieu
à des recommandations dans le développement des
produits.
La force du logiciel standard réside dans
le fait qu'il doit être suffisamment riche pour convenir
à des populations larges et diverses. Ainsi, prenons
l'exemple d'une population de 100 utilisateurs, exerçant 10
métiers différents au sein d'une entreprise, et
n'utilisant chacun que 20 % des fonctionnalités du
logiciel de traitement de texte Word. Il est probable qu'en cumulant
l'utilisation de ces 100 utilisateurs, ce soient 90 % des
fonctionnalités de Word qui soient réellement
utilisées.
Microsoft est cependant conscient qu'un utilisateur
donné qui n'utiliserait que partiellement les
possibilités de Word peut souhaiter disposer d'une interface
plus simple, dans le respect d'un standard commun: cela fait partie du
cahier des charges de plusieurs de nos futurs produits.
Enfin, n'oublions pas que le logiciel standard a un
autre avantage: son prix unitaire faible pour l'utilisateur, compte
tenu des volumes de diffusion atteints.
Les logiciels Microsoft sont certes
consommateurs de ressources matérielles, mais
l'évolution accélérée de la
technologie des PC (processeurs, mémoire, disque dur,
entrées / sorties etc...) relativise fortement cet
état de fait.
Nos logiciels ont effectivement une taille importante,
qui n'est cependant pas supérieure à celle de la
plupart des produits de la concurrence.
Par ailleurs, l'augmentation de la taille des
logiciels est directement liée à
l'amélioration de leurs performances et services rendus aux
utilisateurs.
Le passage à l'interface graphique a ainsi
été un facteur de consommation de ressources
matérielles importantes. Au début des
années 90, au moment du passage de MS-DOS à
Windows, tous les utilisateurs se souviennent d'avoir fait cette
constatation. Il a fallu plusieurs années pour que
l'interface graphique rentre dans les mœurs, mais personne ne
voudrait aujourd'hui revenir à un traitement de texte
à commande cryptique en mode caractère.
Une grande partie de la place occupée par
les logiciels est également liée aux
systèmes d'aide en ligne et d'auto-formation (qui permettent
d'assister les utilisateurs et de réduire les
coûts de support). Toutefois, l'utilisateur n'est pas
obligé de conserver ces fichiers sur le disque dur.
Enfin, l'augmentation de la capacité de stockage des disques
durs a été beaucoup plus rapide que
l'augmentation du poids des logiciels: ainsi, le logiciel de traitement
de texte Word occupait 10% du disque dur d'un PC il y a 10 ans (2 Mo
sur un disque dur de 20 Mo), alors qu'il n'occupe plus que 1,2% du
disque dur d'un PC d'aujourd'hui (environ 50 Mo sur un disque dur de 4
Go).
Microsoft
lancerait des programmes de communication très importants
pour prendre pied sur les marchés de l'éducation
et de la formation, et utiliserait les enfants comme prescripteurs de
ses technologies
Présent depuis 10 ans dans le secteur de
l'Éducation, Microsoft y a toujours porté une
attention particulière et s'inscrit dans la dynamique du
développement des nouvelles technologies de l'information
à l'école. A cet effet nous avons
développé deux programmes: Graine de
Multimédia et Compétences 2000.
Graine de Multimédia:
grâce à ce programme, monté en
partenariat avec Hewlett-Packard, un certain nombre d'écoles
primaires (18) se sont vues dotées de PC
multimédia et de logiciels… y compris des
logiciels non Microsoft ; leurs instituteurs ont suivi un cycle de
formation à la maîtrise d'Internet et du
réseau local qui était mis à leur
disposition. Ils ont également participé
à une œuvre collective d'étude de
l'utilisation pédagogique de la micro-informatique et du
multimédia dans les écoles, dont les
résultats ont été rendus publics.
Compétences 2000 est un
programme de formation aux technologies informatiques
destiné au monde de l'éducation, à
l'enseignement supérieur, aux professionnels de
l'informatique et aux demandeurs d'emplois. Il est le fruit d'un
partenariat innovant entre l'industrie des technologies de
l'information (dont Microsoft), les professionnels de la formation et
de l'enseignement, le secteur public et les collectivités
locales. Il vise à créer une véritable
dynamique visant à réduire, en France, la
pénurie de compétences techniques,
pénurie depuis longtemps mise en évidence par les
analystes et les professionnels de l'informatique.
Après quelques mois, Compétences
2000 rencontre un vif succès sur le terrain, ce qui montre
que ce programme répond à une attente.
Microsoft apporte à travers Graine de
Multimédia et Compétences 2000 une contribution,
sans doute modeste, à la prise de conscience de l'importance
de l'outil informatique dans les secteurs de l'éducation et
de la formation. Nous ne sommes pas les seuls à lancer ce
type d'initiatives, et c'est une bonne chose, car il s'agit d'un enjeu
majeur nécessitant le concours de tous les acteurs du
marché.
Le but de
Microsoft ne serait pas de faire de bons logiciels, mais de faire du
profit, grâce à des méthodes
commerciales contestables, entraînant la constitution d'un
monopole.
Le premier objectif d'une entreprise est de servir ses
clients, en fabriquant des produits et des services de
qualité. L'objectif associé est de servir ses
actionnaires, la notion de profit, et nous ne le nierons pas,
étant à la base du fonctionnement de
l'économie de marché.
En ce qui concerne Microsoft, la qualité de
nos logiciels a en tous cas été reconnue, au
point de satisfaire aujourd'hui les besoins de dizaines de millions
d'utilisateurs dans le monde.
Ceci dit, il est vrai que Microsoft est une
entreprise performante financièrement, et ce pour plusieurs
raisons.
La stratégie de Microsoft consiste
à développer de bons logiciels, et à
en assurer la commercialisation à très grande
échelle, grâce à des partenaires et des
intermédiaires qui permettent d'assurer ce volume.
Les profits de Microsoft (30 % de marge nette
aujourd'hui) sont liés à plusieurs facteurs:
- le volume des ventes: pour Microsoft, comme pour
tous les éditeurs de logiciels, la marge est directement
liée au volume des ventes, lui-même lié
à la qualité du produit et à
l'efficacité du système de distribution.
- la taille du marché: celle-ci est en
augmentation constante. Le marché du PC croît
d'environ 15 % par an dans le monde, et 90 millions de PC
seront vendus en 1999. Les ventes de Microsoft étant
liées à la taille du marché des PC,
Microsoft tire parti de cette évolution.
- le coût de fabrication des produits:
l'évolution des ventes aux entreprises tend vers une
dématérialisation progressive des produits, avec
la signature de contrats de licences. Il s'ensuit une diminution
proportionnelle de la vente des produits en boîtes, dont le
coût de fabrication et de logistique n'est pas
négligeable.
- la gestion de l'entreprise: Microsoft est une
entreprise gérée de façon
très rigoureuse et avec un souci permanent
d'efficacité, et ce avec d'autant plus de motivation qu'une
grande majorité de ses collaborateurs sont actionnaires.
La stratégie commerciale de Microsoft
implique une relation de partenariat avec les développeurs
et les constructeurs, afin d'offrir des produits performants aux
utilisateurs finaux.
Le succès d'un système
d'exploitation repose sur la constitution d'une infrastructure de
compétences et de produits complémentaires, en
matériel et en logiciel. Quand un logiciel d'exploitation
est développé, intégrant les nouvelles
fonctionnalités correspondant aux grandes
évolutions technologiques du moment, il faut que le plus
possible d'applications puissent utiliser ce nouveau
système.
Des versions bêta du logiciel sont diffusées aux
développeurs, pour leur permettre de mettre au point de
nouvelles applications, avant la sortie du système
d'exploitation.
Les revendeurs et autres partenaires diffusant le
système sont ceux qui feront le lien entre la technologie
nouvelle et les utilisateurs finaux. Il est donc important qu'ils
maîtrisent parfaitement les fonctionnalités du
nouveau système d'exploitation, pour pouvoir en conseiller
l'emploi aux utilisateurs finaux.
Microsoft consacre donc un budget important
à cette formation technique et commerciale de ses revendeurs
et partenaires
Ces méthodes commerciales, reposant sur une distribution
100% indirecte du produit sont classiques, et pratiquées de
la même façon par les autres industriels proposant
des systèmes d'exploitation.
Toutefois, la situation originale de Microsoft sur le
marché des systèmes d'exploitation explique
également son succès. En effet, alors que
Microsoft se limite à l'édition de logiciels, ses
concurrents sur le marché des systèmes
d'exploitation (Sun avec Solaris, et IBM avec OS/2) sont en
même temps fabricants de matériels. Ils ont donc
logiquement plus de difficultés à commercialiser
des produits auprès d'autres constructeurs dont ils sont les
compétiteurs.
La vente d'un PC avec Windows
relève d'une nécessaire intégration en
amont, et non pas de la vente liée.
Il est illégal de subordonner la vente d'un
produit à l'achat concomitant d'un autre produit. Mais dans
le cas présent, il s'agit d'une intégration en
amont d'un produit fini, et pas de vente liée.
Le système d'exploitation fait partie
intégrante de la configuration finale qui est
proposée à un client en bout de chaîne,
au même titre que le disque dur ou la mémoire.
L'obligation du constructeur est de fournir à ses clients un
produit en état de fonctionnement, pouvant donner
satisfaction dès la première utilisation.
Rappelons ici que la mission de Microsoft est de
mettre la micro-informatique à la portée de tous.
Pour l'utilisateur final, l'intégration d'un maximum de
fonctionnalités sur le PC est un facteur de simplification
de mise en route et d'utilisation, ce que cet utilisateur recherche, en
fin de compte.
Il existe plusieurs canaux de vente de PC, et les
utilisateurs ont le choix entre des constructeurs internationaux, des
constructeurs nationaux, et des assembleurs. Ces derniers, qui
représentent environ 30 % du marché
français, vendent des PC en offrant le choix du
système d'exploitation. Ils vendent également des
machines sans système d'exploitation, sur lesquelles peuvent
être installés des logiciels comme Linux. Ce canal
intéressera donc une population plus
expérimentée en informatique. En revanche, la
grande majorité des clients, y compris en entreprise,
demandent à bénéficier de PC sous
Windows, selon les constructeurs eux-mêmes.
Ce choix des utilisateurs est étroitement
lié à la grande disponibilité
d'applications et de périphériques
conçus pour Windows: il suffit de visiter le rayon
micro-informatique de tout magasin pour s'en rendre compte. Il est bon
également de souligner que le PC est la plate-forme
matérielle sur laquelle le choix de systèmes
d'exploitation est le plus vaste. Aucun autre ordinateur ne propose ce
choix. Les Macintosh sont livrés avec le système
MacOS d'Apple, et on peut y installer Linux. Les stations Unix RISC des
constructeurs sont livrées avec la version Unix
spécifique de ces constructeurs. Les AS/400 d'IBM sont
livrés avec OS/400. Sur un poste de travail de type PC, on a
le choix entre MS-DOS, Windows 9X, Windows NT Workstation, Linux, Sun
Solaris, SCO Unix, Unixware, Interactive Unix, IBM OS/2 Warp, et
même Rhapsody (version de MacOS adaptée aux PC).
La position de Microsoft sur le
marché des systèmes d'exploitation et
applications bureautiques pour PC est certes importante, mais elle ne
nous dispense pas d'innover en permanence pour répondre aux
besoins de nos clients.
En effet, aucune règle contraignante
n'empêche le marché d'adopter d'autres
technologies que celles de Microsoft. Si Microsoft
bénéficiait d'une rente de situation,
l'entreprise pourrait imposer une augmentation du prix de ses produits.
Or le prix de Windows est resté stable au
cours des cinq dernières années, alors que les
services qu'il offre ont été très
largement étendus (intégration d'Internet,
support de l'Universal Serial Bus, outils d'auto-maintenance,
graphiques 3D plus rapides, meilleur support des jeux, etc.). Quant au
prix des logiciels d'application, ils ont baissé
considérablement depuis les dernières
années, et plus rapidement encore que les produits de la
concurrence (-47 % depuis 1991 pour Microsoft Word, contre
-18 % pour Corel WordPerfect sur la même
période).
Enfin, si Microsoft était
réellement dans une situation
privilégiée par rapport à ses
concurrents, l'entreprise pourrait sans danger cesser d'innover. Or
l'investissement de Microsoft en recherche et développement
progresse constamment, en valeur absolue comme en pourcentage du
chiffre d'affaires, pour répondre en permanence aux nouveaux
défis du marché.
En réalité, le cycle
d'évolution de la technologie est si rapide, qu'il ne
faudrait que 3 à 4 ans pour que Microsoft disparaisse du
marché si l'entreprise n'innovait plus.
Microsoft
serait en mesure de contrôler la chaîne mondiale de
l'information et de la communication, mettant ainsi la
démocratie en danger
Une seule entreprise, en l'occurrence Microsoft,
peut-elle contrôler la chaîne mondiale de
l'information et de la communication, et mettre en danger la
démocratie en prenant le contrôle de l'Internet?
Il est utile, une fois pour toutes, de reprendre pied
avec la réalité.
Le contrôle de l'Internet est un
mythe qui relève de la science fiction.
Microsoft est une entreprise composée
d'hommes et femmes, passionnés de technologies, qui sont des
citoyens responsables et respectueux des lois avant d'être
des salariés Microsoft. Il est donc déraisonnable
de faire croire que Microsoft pourrait attenter à la
démocratie et aux libertés individuelles.
Par ailleurs, l'Internet est le système le
plus ouvert et démocratique qui existe. La prise de
contrôle de l'Internet est totalement impossible, et encore
moins par une seule entreprise.
Ainsi, et même en imaginant que Microsoft
fournirait tous les standards utilisés par le
réseau - ce qui n'est évidemment pas le cas,
Microsoft supportant une liste très large des standards du
marché définis par des organismes
indépendants - cela ne permettrait pas plus à
l'entreprise de contrôler l'Internet, que cela n'a permis
à France Télécom de
contrôler les conversations
téléphoniques.
L'Internet constitue aujourd'hui le marché
le plus concurrentiel et celui qui se développe le plus
rapidement au monde. Au fur et à mesure que le nombre
d'utilisateurs augmentera, de plus en plus de services se
développeront, et seront accessibles à un
coût de moins en moins élevé,
grâce à des possibilités de connexions
démultipliées.
De nombreux opérateurs
économiques sont impliqués dans le fonctionnement
du réseau des réseaux: des éditeurs de
logiciels, des sociétés de service, des
constructeurs d'ordinateurs, des opérateurs de
télécommunication, des routeurs, des fournisseurs
d'accès, etc.
Microsoft se positionne prioritairement et
principalement sur le métier de la fabrication des
logiciels, l'objectif de l'entreprise étant de s'adapter
à tous les standards, protocoles et plates-formes de
services utilisés par l'Internet pour pouvoir
répondre aux besoins de ses clients. Les
développeurs peuvent ainsi concevoir des applications
diverses, qui permettent aux utilisateurs de
bénéficier au mieux des potentialités
de l'Internet.
La seule
alternative à Microsoft serait Linux
Linux est un mouvement créé en
1991 par un étudiant finlandais, Linus Torvald. Partant d'un
noyau Unix adapté, des développeurs communiquant
par Internet assurent la création des fonctions
complémentaires et des différentes versions de
Linux. Linus Torvald synchronise et valide l'ensemble. La
règle fondamentale est que chaque développeur
donne son code source, pour que celui-ci puisse être
amélioré, et fasse l'objet de
développements ultérieurs. Le produit est
diffusé sous licence spécifique d'utilisation,
accompagné de son code source. Chacun peut ainsi modifier,
améliorer ou copier le logiciel, et le redistribuer
à son tour, gratuitement ou non. Des versions commerciales
sont également diffusées.
Le parc installé est estimé
à 6 millions de licences dans le monde.
Linux a sans aucun doute sa place au
côté du système d'exploitation de
Microsoft, mais aussi de ceux d'IBM, Sun, Oracle, et Novell.
L'utilisation du logiciel libre relève
cependant d'un choix philosophique plus qu'économique, et
fait de la maîtrise du système d'exploitation une
affaire de spécialistes chevronnés.
Il apparaît que Linux ne
répond pas aujourd'hui aux exigences de la plupart des
entreprises, et encore moins du grand public.
Linux présente des limites qui sont un
frein à sa diffusion à grande échelle,
notamment dans les entreprises et auprès du grand public.
Au plan de la stabilité du
système, Linux pose des problèmes de coordination
globale et l'on ressent fortement l'absence d'un chef de projet.
Linus Torvald a quitté
l'université l'an dernier pour rejoindre une entreprise
californienne. Le développement de Linux s'est depuis
considérablement ralenti. De même, le maintien de
chaque fonctionnalité de Linux dépend de la
mobilisation des équipes. Ainsi, certaines
fonctionnalités n'ont pas connu d'actualisation depuis deux
ans.
L'installation de Linux est délicate. Pour
que la performance du système soit optimale, chaque version
doit être réglée sur chaque ordinateur
à chaque installation, par un informaticien
compétent. Sa mise en œuvre et son administration
ne sont donc pas à la portée d'un informaticien
habitué aux systèmes plus conviviaux, et encore
moins d'un utilisateur de base.
L'utilisation de Linux est complexe, les logiciels fonctionnant en
général avec des commandes en mode texte.
Enfin, les logiciels d'application fonctionnant sous
Linux ont le plus souvent des fonctionnalités
limitées. Les traitements de texte disposent rarement de
fonctions aujourd'hui courantes sur PC ou Macintosh: corrections
orthographiques à la volée, saisie graphique de
tableaux, intégration de graphiques provenant
d'applications. La majorité des logiciels de traitement de
texte sous Linux s'apparentent encore à " Microsoft Write "
qui date de 1985.
Les avantages liés à la
gratuité et à la transparence de Linux sont des
critères non pertinents pour la majorité des
utilisateurs.
La gratuité de Linux est un avantage peu
décisif. En effet, le coût d'un système
d'exploitation est marginal par rapport aux autres coûts de
l'entreprise. Le prix du système n'est qu'un des
éléments du prix de la chaîne
informatique dans les entreprises. La mise en place d'un
système d'exploitation traditionnel coûte
plusieurs fois le prix du système lui-même, tout
autant que la réalisation d'un programme applicatif et sa
maintenance. Ainsi, en installant Linux, on économise le
coût du système d'exploitation, mais on
renchérit celui de l'installation, et on prend des risques
pour la maintenance des applications et du système
lui-même.
Si certains considèrent que la mise
à disposition permanente des codes sources de Linux est une
garantie absolue d'indépendance vis a vis des
éditeurs de logiciels, nous percevons mal quel est
l'intérêt pour une entreprise ou un particulier
d'avoir accès aux sources de son système
d'exploitation...
En revanche, la diffusion des sources des
systèmes est très utile aux étudiants
et aux chercheurs, pour comprendre le fonctionnement du
système et éventuellement le modifier.
Linux restera donc probablement longtemps encore un bon sujet
d'étude pour informaticiens, plutôt qu'un
système voué à une diffusion
importante.
Conclusion
Nous espérons que ce document aura
contribué à donner au lecteur une meilleure
compréhension de la position de Microsoft dans les
débats dont nous faisons l'objet: encore une fois, nous
sommes conscients que la confiance de nos clients et partenaires se
mérite, et les critiques dont nous pouvons faire l'objet
doivent susciter toute notre attention à partir du moment
où elles sont objectives.
Les équipes de Microsoft France sont en
tout cas à votre disposition pour éclairer et
préciser, le cas échéant, certains
sujets abordés dans ce document, mais aussi et surtout pour
répondre quotidiennement à vos besoins.
Notes
1- Comme en témoigne sa
première place au classement de l'image de marque des
entreprises publié par L'Expansion
en août 1998.
2- L'information sur ces correctifs est fournie sous plusieurs formes:
dans l'actualité produits envoyée par e-mails
mensuels aux clients Microsoft s'abonnant gratuitement à ces
informations, dans les publications Microsoft, et également
dans les nombreux séminaires techniques organisés
par Microsoft pour les clients, partenaires et développeurs.
L'information est par ailleurs largement relayée par la
presse informatique.
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