Acorn Risc PC
Non môssieur, je ne suis pas un gland !
Les plus anciens se souviendront sans doute de
l'Archimedes,
un petit
bijou qui avait eu droit à sa minute de gloire dans le numéro
d'octobre 1987 du « standard » de la presse informatique (notez
au passage dans ce mot la racine « informe »). Et bien, le Risc
PC est son successeur. Bien que supérieur sur bien des points aux
machines « Wintel », il reste pourtant inconnu du grand public.
Comme son nom l'indique, le Risc PC est basé sur un
processeur
Risc : l'Arm. Avec seulement 33 000 transistors dans le bide, soit 100
fois
moins qu'un Pontiom (je l'écris comme ça, c'est pour que les
gens aient la bouche en cul de poule en le prononçant) la puce consomme
50 fois moins d'électricité à fréquence d'horloge
égale ! Autre avantage du Risc : le jeu d'instructions réduit
permet de réaliser des routines en assembleur compactes et faciles
à maintenir. D'autant plus, que ce langage est accessible directement
à travers le Basic implanté en Rom. Du Basic en 1997 ? Oui,
mais ce basic là bien qu'interprété peut être
aussi rapide que le C++ compilé sur la machine du con d'en face.
Bref, une belle bête et ce n'est pas les constructeurs,
même
concurrents, qui me contrediront : saviez-vous que la console de jeu
3DO,
l'organiser Newton d'Apple et surtout le Network Computer (NC) dont
tout
le monde parle utilisent aussi des variantes de l'Arm ? Et la famille
vient
encore de s'agrandir depuis l'arrivée du StrongArm codéveloppé
avec Digital.
  
Le son... sans carte son
La démonstration est épousto
uflante : une vidéo
en 25 images par seconde en plein écran, mapp&
eacute;e en temps réel
sur une sphère. Des effets de fumée.
.. Rien que ça.
Et le son ! Les gens croient qu'il faut 16 bites et quara
nte et quelques
brouettes pour avoir un son clair ? J'ai goûté &agr
ave; leurs
Zünd Plaszther et aux 8 canaux sur 8 bits/log du circuit...
vid&
eacute;o.
Ouaip gamin ! Comme ils trouvaient que la puce graphique était un
chouïa trop calme, ils l'ont fait causer ! Je branche cette merveille
su
r une chaîne Hi-Fi. Aucun souffle. Et des basses sans tricher !
Demandez l
ui ça au (dé)Bill, génie de la finance, bâtard
de la micro. Il exigera 8 DSP, quelques DAC, des ADC, des tubes... et
vous
entubera d'
avantage.
Le RiscPC, c'est une machine de passionné. C'est pour c
ela que
tous les logiciels qu'il y a dessus tournent au poil. Les mecs se font
p
laisir
en programmant. Les applications communiquent. Plus la peine d'avoir
des
usines à gaz. Il parait que Monsieur Kahn, ex-Borland a inventé
&c
cedil;a sous le nom de Slimware. En fait, l'idée est là
et date de toujours. On fabrique des bouts de programme : un pour
éditer
du texte, un pour retoucher de la photo, un autre pour faire
communiquer
les deux premiers et on a une PAO. Fastoche ! Comme sur NeXT... sauf
qu'ici
on a pas affaire &agr
ave; un cheval mort.
- Qui risc gagne
- Sachant qu'avec un microprocesseur classique 20 % des
instructions sont utilisées 80% du temps, les ingénieurs ont décidé
d'exclure du noyau de l'Arm toutes les instructions superflues. D'où le
nom de Risc : Reduce Instruction Set Computer, jeu d'instruction
réduit. Grâce &agrav
e; cette architecture ultra simplifiée, les temps de traitement sont co
nsidérablement réduits. Certes pour retrouver les 80% d'instruct
ions disparues, il faut les remplacer par des séquences composée
s de plusieurs des instructions restantes, mais il se trouve qu'en
pratique le
s gains de vitesse sont malgré tout encore sensibles. Autre avantage de
l'Arm, conçu dans les années 80 à partir de rien, les co
ntraintes de compatibilité se font moins sentir que ses les Pentiums pl
us ou moins issus du 4004, un processeur 4 bits sorti en 1971 !
-
Un système modulaire
De la même faço
n, il n'y a pas une seule des routines du
système que l'on ne puisse ais&
eacute;ment remplacer par la sienne
(beaucoup plus souvent par fierté que par nécessité
d'ailleurs). Et bien que le système ne soit pas estampillé
« multitâche pré-emptif », les ac
cès aux
différentes données sont parfaitement bien synchron
isés
: je peux formater une disquette en lisant une vidéo en prove
nance
d'un CD-Rom ou même lancer 50 copies de fichiers simultanées
entre divers répertoires et volumes (tout en vérifiant et
formatan
t d'autres volumes...). J'ai essayé avec le truc à
(dé)Bill
, Cosmos 99, 95... ou quelque chose comme ça... On
doit lancer 20 tonnes d'explorateurs pour faire la moitié de ce que
je viens de vous dire... Et ça rame dans le cake ! Même avec
un truc à 133 MWatts ! Cho
isis ton camp, camarade !
Pourquoi tant de haine ?
Acorn est une valeur sûre. Le prix n'est pas divisé par
deux au bout de s
ix mois. Elle est compatible avec tout ce que l'on trouve
sur le marché (
Ram, lecteurs CD-Rom, disques durs...) et est extensible
à bas prix : m&e
circ;me son boîtier est modulaire. Les évolutions
de l'O.S. sont pe
u fréquentes, étant donné son niveau
d'aboutissement. Le sy
stème lui-même est extensible par remplacement
du microprocesseur et il existe une carte (la Simtec Hydra) qui permet
le
fonctionnement simultané de 5 Arm différents (demandez ça
à une BeBox !) et d'un ix86. Plus la peine de jeter vos vieux
processeurs,
je les prends !
Wintel ? Balayé. Qui voudra programmer quoi que ce soit
sur
leurs dodoches-GTI-Turbo-24-soupapes-et-j'en-passe-et-des-meilleures ? C'est
rapide,
ouaip, mais c'est pour compenser le temps perdu en calcul d'adresses
(limite
de 64 ko pour les segments, de 640 ko pour le Dos). Pas grand chose à
dire : le client est malmené à grands coups de processeurs
bogués, de réductions tapageuses et d'inflation technologique.
Inflation technologique ? Ouaip, ça veut dire que tu le
veuilles
ou non, ta machine est déjà dépassée par celle
d'Untel. Note que si je te tutoie c'est parce qu'il doit pas en rester
lourd
des lecteurs depuis le début des mes divagations. Et moi même,
je commence à en avoir plein le cul de te vomir ma haine pour tout
un système de merde alors qu'en fait, ce n'est QUE de l'informatique,
rien d'autre.
Pas de Bill
Anecdote
En 1992-93, Apple a lancé son Power Mac, «Le premier
micro-ordinateur
à processeur RISC». Engueulades, excuses... C'est en 1987 qu'Acorn
a lancé son Archimedes à base d'Arm, le premier micro Risc.
Un an plus tard, pour faire un peu de sous, Apple lance un Power Mac
biprocesseur
(le second étant un truc moulinant à 66MHz) : «Le premier...».
Engueulades, excuses... En 1984, Acorn avait déjà lancé
la possibilité de pourvoir son excellent BBC Master 128k (un 8 bits,
oui...) avec une carte d'extension i286.
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