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Paru dans Le Virus Informatique n°41
2019-07-21 22:31
CR

Quand un concurrent de Qwant déverse sa bile dans notre messagerie



Qwant est un moteur de recherche européen sur le Web qui se veut respectueux de la vie privée de ses utilisateurs. Une démarche qui a convaincu de plus en plus d’administrations de l’utiliser, mais aussi la Caisse des dépôts française d’investir de l’argent dedans. Or, depuis quelque temps, vous avez peut-être constaté que les articles se sont multipliés dans la presse contre cette société. Virus Info va vous révéler une partie de ce qui se trame en coulisses. Et c’est édifiant !

Nous-mêmes avons publié un long dossier dans Virus Info 40, plein de révélations dont certaines n’ont pas du faire plaisir à Qwant. Mais contrairement à notre travail qui donnait la parole aussi à Qwant, parce qu’il faut les différents points de vue pour permettre au lecteur comme à nous de se faire une opinion, certains articles d’autres médias ont été réalisés à charge, en présentant des informations partielles et/ou sans donner la parole à la société incriminée. C’est pourtant indispensable.

Un exemple : Vosges Matin a donné la parole à un dirigeant de Xilopix, ex-concurrent de Qwant, très critique à l’égard de cette société qui l’a racheté pour seulement 200 000 € alors qu’elle aurait eu un logiciel révolutionnaire qui en aurait valu plusieurs millions. Nombre de lecteurs ont dû se faire une opinion négative de Qwant suite à cet entretien retranscrit. Quelques jours plus tard, le quotidien local donnait la parole à Qwant et l’histoire racontée semblait alors complètement différente, Xilopix bien moins reluisante. Nous ne dirons pas encore qui dit vrai (ce sera l’objet d’un prochain article, en espérant que le fondateur de Xilopix répondra enfin à notre demande), mais cela montre l’importance d’avoir les différentes versions. Nous avons pris volontairement un exemple qui se termine de manière correcte, à charge et à décharge. Mais d’autres médias ont continué de faire passer leur charge avant la recherche de la vérité (nous y reviendrons aussi), tandis que les attaques contre Qwant se multiplient en parallèle sur les réseaux sociaux, basés sur ces articles à charge, et réciproquement.

Certains observateurs évoquent la possibilité que Google soit derrière ces attaques. Après plusieurs mois d’enquête sur le dossier Qwant, nous n’avons pour notre part constaté que quelques piques ici ou là (lire Virus Info 36) de la part du géant états-unien ou de ses proches. Qwant est dix mille fois plus petite que Google, qui a donc bien d’autres sujets de préoccupations. On évalue souvent la qualité d’une personne à ses ennemis. Eh bien, la réalité est bien moins flatteuse pour Qwant, puisque ses ennemis que nous avons croisés consistent plutôt en une petite poignée de personnes, du type concurrent (passé ou présent) ou ancien salarié dont le contrat de travail a été rompu, qui passent beaucoup de temps sur les réseaux sociaux et/ou à contacter la presse pour propager leurs attaques, une presse qui n’a pas toujours le réflexe ou la volonté d’identifier la source de ses informations, ni de vérifier si ces informations sont fiables.

Il est d’ailleurs intéressant de noter que la Société Nouvelle de l’Annuaire Français (l’Annuaire français dans la suite de cet article), un concurrent de Qwant, a revendiqué publiquement avoir des courriels internes de Qwant. Ces courriels, dit-il, sont destinés à être utilisés par ce concurrent en justice contre Qwant. Qui les lui a fournis ? Ces courriels ont été préalablement utilisés par un ancien salarié de Qwant contre son ex-employeur devant le conseil des prud’hommes qui ne les a pas estimés utiles pour sa décision. On peut se demander, par exemple, s’il y a une entente entre cet ancien employé et cet actuel concurrent (les deux refusent de répondre).

Qu’on ne se méprenne pas, les anciens salariés en conflit avec Qwant ne représentent qu’un très petit nombre par rapport à l’effectif total ; nous avons rencontré plusieurs des employés actuels à divers niveaux de la société, tous semblaient passionnés par leur mission (si d’autres employés passés ou présents ne partagent pas cet avis, ils peuvent nous contacter pour nous donner leur point de vue).

Dans Virus Info 40, nous avons ainsi vérifié, grâce à un travail à charge et à décharge, qu’une partie des accusations portées contre Qwant n’étaient pas démontrées, voire totalement fantaisistes. Alors que notre magazine était en cours de livraison et n’était pas encore arrivé chez les marchands de journaux, le tribunal de commerce de Paris estimait d’ailleurs, comme nous, que l’Annuaire français était un concurrent de Qwant et faisait du dénigrement (il y aura appel, mais vu le caractère injurieux des attaques envoyées à des élus notamment, nous croyons peu en une inversion de l’ordonnance de référé). Nous sommes depuis devenus nous-mêmes la cible de dénigrements, calomnies, voire violations orientées du secret de la correspondance pour avoir enquêté en offrant la parole à Qwant et relativisé, après vérification, certaines des attaques portées contre elle. Les ennemis de Qwant estimant que nous aurions dû relayer leurs attaques sans les remettre en cause. Pour notre part, nous n’avons ni haine, ni amour pour Qwant, pas plus que pour ses concurrents : nous essayons seulement de remonter à la vérité objective.

Alors que nous avions demandé à un des concurrents de ne plus submerger notre messagerie avec ses dénigrements récurrents et stériles contre Qwant (notre messagerie est un outil de travail, nous n’acceptons que de vraies informations, leurs preuves, etc.), celui-ci a persisté en nous envoyant des propos où il expliquait son but contre Qwant. Nous en avons informé nos lecteurs (de manière concise, puisque sur Twitter) estimant finalement l’information cruciale, en conservant l’anonymat de cette personne : « Alors que Qwant se prépare à un grand lancement, un concurrent de Qwant - pas Google - nous explique qu'il va déployer toute son énergie pour le départ du pdg, et si besoin la faillite de Qwant. »

Le responsable de l’Annuaire Français a cru bon de réagir publiquement : « "si besoin la faillite de Qwant"? Non mais vous êtes irresponsable d'écrire l'inverse de ce que je vous ai ECRIT x fois, éviter la faillite serait mieux. Respectez mes propos svp si vous voulez me descendre, au moins ça. » Deux interprétations sont possibles à votre niveau. Soit ce n’est pas lui notre interlocuteur mystère et on se demande pourquoi il intervient de manière plutôt agressive contre nous pour des propos qui ne sont pas les siens dans une affaire qui ne le concerne en rien. Soit c’est lui notre interlocuteur mystère, il vient de se trahir lui-même, tout en contredisant les propos que nous rapportons de sa part. Dans les deux hypothèses (nous vous laissons choisir celle qui vous plaît le plus…), pour prouver notre bonne foi, et parce qu’il permet de mieux comprendre ce qui se trame en coulisses contre Qwant, nous avons décidé de publier l’intégralité du texte en question :

« vs voulez quoi? puisq je suis "concurrent", que je demande la coupure judiciare de Bing puisque sous serment, Qwant est un VRAI moteur concirrent de GG, Bing, Yandex, Baidu...? Pour semer la m...? J écris aux parlementaires et proposé que l'on mette tt sur la table, propre c tt. Et sans Léandri. Oui je vais déployer tt mon énergie pour éviter que cette arnaque ne grimpe en bourse, car c'est le seul objectif de Léandri. Le moteur,il s'en fou. Ca n'a rien a voir avec des vrais passionnés comme l'equipe de Xilopix qui ont bossés comme des fous, et se sont fait coupé les vivres par l'Elysée, avec un certain Cedric 0 qui gérait déjà le dossier.
Il faut que Léandri degage et restructurer. Pour cela,il faut qu'il parte sous une pression quelconque, ou un redressement judiciare.
Et ne croyez pas que je travaille pour mon moteur. Et vous etes loin de savoir ce qu'il se passe en coulisse dans les administrations et les le pouvoir législatif. Ca bouge beaucoup et en silence, car c'est le scandale qui faut éviter, mais mettre en même temps le maximum de pression. Et pour faire cela, c'est mon rôle, auto décidé. Je vous l'écrit comme je l'écrit aux autres médias, orienter sur l'incompétence de Léandri, pas du projet du moteur, il faudra en refaire un autre de tt façon, et sans Microsoft.
»

Comme vous pouvez le voir, il est question de « redressement judiciaire », une des formes de « faillite », ce qui serait dommageable pour les actionnaires, dont la Caisse des dépôts qui représente les Français donc. Et, quand bien même il n’est pas question de « liquidation judiciaire », les propos contre le concurrent Qwant n’ont rien de bienveillant. Nous constatons au passage que le nom de l’actuel Secrétaire d’État français au numérique, Cédric O, est orthographié avec un chiffre zéro, ce qui relève sans doute d’une intention injurieuse (à laquelle nous ne joignons pas, bien sûr, quand bien même nous pourrions être critiques sur tel ou tel aspect de son travail). Le concurrent nous explique aussi qu’il contacte les médias, il n’est donc pas impossible qu’il soit à l’origine de certains articles à charge contre Qwant. Enfin, il n’y a aucun nouveau fait vérifiable avancé par notre interlocuteur pour justifier ses attaques.

Si tout se passe comme il est prévu, Qwant devrait servir toutes les requêtes avec son propre outil en septembre (une partie l’est encore avec Bing), même si un nouveau report à novembre voire novembre est déjà évoqué. La Caisse des dépôts, qui participe au financement de ce développement, prévoirait un nouvel audit à cette période aussi.

Des médias comme ...

Vous trouverez la suite de ce long dossier dans Virus Info 41



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