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2009-05-27 00:04

Nous avons essayé un (vrai) simulateur de train SNCF !


Les passionnés de jeux vidéo et de trains connaissent Microsoft Train Simulator ou Densha De Go!. Mais il y a mieux : les simulateurs utilisés par le personnel de la SNCF (et d'autres compagnies) pour se former : écran géant, cabine sur vérins, etc. Nous en avons essayé un !

Rendez-vous est fixé à la Gare Saint-Lazare de Paris, mais le simulateur se trouve lui en gare d'Asnières-sur-Seine (le titre de transport aller-retour est offert par la SNCF). C'est avec une demi-heure de retard sur l'horaire prévue que nous serons pris en charge - pas de doute, nous sommes bien chez la SNCF.

Arrivés sur place, un agent de conduite commence le briefing dans une première salle. Elle contient une ligne de tables et de chaises pour les stagiaires, et une série d'écrans en face d'eux : l'un qui représente ce qui est vu depuis la cabine, un pour les divers voyants, un qui représente le train en entier, etc. Perpendiculairement, une autre série d'écrans, de dos. Ce sont ceux du poste de contrôle du simulateur, qui permet de suivre ce qui s'y passe et de créer des incidents virtuels. Le simulateur est, quant à lui, dans une salle connexe. Il s'agit d'une grosse cabine sur vérins, dont l'intérieur reproduit une Z2N (ces Transiliens à deux étages où le conducteur et les passagers sont dans une même voiture). Une fois les personnes montées dedans (et que tout est en ordre au niveau de la sécurité), la cabine s'éloigne de la passerelle afin d'avoir l'espace libre suffisant pour se mouvoir complètement par la suite. La première secousse surprend par son ampleur.

Contrairement à la formation des pilotes aériens, celle des conducteurs de trains commence en général sur le terrain, le stagiaire étant accompagné d'un conducteur expérimenté qui sert d'instructeur. Plus tard, le simulateur permettra d'apprendre comment réagir dans telle ou telle situation particulière. Les conducteurs en font régulièrement usage, qu'ils soient de la SNCF ou d'autres sociétés, au point que le planning est complet !

Le simulateur a été conçu par la société grenobloise Corys, à qui on doit également des simulateurs de centrales nucléaires civiles. Des agents de la SNCF ont bien sûr participé. Sur l'écran, surprise : l'affichage reproduit assez fidèlement les immeubles particuliers de la ligne utilisée pendant la démonstration, de Paris à La Défense. Tout au plus, on remarquera l'absence de voies parallèles lorsqu'en réalité leur nombre serait trop important par rapport à la puissance de calcul et des textures qui reviennent souvent. Le personnel de la SNCF plaisante sur les poitrines souvent généreuses des femmes sur les quais - un fantasme des informaticiens développeurs ? Au niveau sonore et des secousses, le réalisme est encore plus saisissant !

Avant de monter en cabine, le conducteur doit récupérer un cahier où sont notés toutes les étapes de son voyage, à une poignée de secondes près. Tout retard peut engendrer une saturation en cascade du réseau, les trains étant séparés de moins d'une minute. Première consigne donc : la sécurite. Et la seconde : la ponctualité. On pourrait penser que le challenge n'est pas très élevé puisqu'on peut aller seulement en avant et en arrière, or c'est tout un art de réduire la vitesse et de s'arrêter exactement à l'endroit prévu sur le quai en station. Autre complication : le réseau électrique utilise deux tensions possibles selon les endroits : 25 0000 V alternatif ou 1 500 V continu. Et sur les portions en courant alternatif, on a en fait plusieurs tronçons indépendants pour permettre un courant assez puissant, avec des phases différentes. Pour passer de l'un à l'autre, il faut donc parfois couper l'alimentation du train et jouer sur l'inertie.

Les débutants de notre groupe accumulent les erreurs : par exemple, trop souvent ils n'actionnent pas assez longtemps la sonnette avant de fermer les portes. Il est facile d'imaginer les conséquences que cela aurait en réalité... On tourne un potentiomètre pour fixer la vitesse que l'on souhaite atteindre, puis on enclenche la traction et le train avance. Nouvelle erreur quelques minutes plus tard : le frein est actionné pendant que la traction est enclenchée, d'où un arrêt du train alors qu'on est en dehors d'une gare. Malheureusement, sur ce modèle cela entraînerait l'ouverture automatique des portes ! Il faut donc actionner en urgence un bouton pour empêcher cela. Contrairement à une automobile, les freins ne sont pas actionnés par pression, mais par l'absence de pression. En cas d'incident, cela permet au train de s'arrêter au lieu de devenir incontrôlable comme une voiture. Une veille automatique - appelée « vigilance » sur les TGV - impose au conducteur de garder son pieds sur une pédale et de le lever de temps en temps – mais pas trop longtemps non plus - pour prouver qu'il est en éveil. Une sonnette est là pour le lui rappeler s'il l'oublie. Et s'il ne respecte pas cette consigne, le train s'arrête, là encore. La sécurité, toujours la sécurité. Dans un vrai train, une boîte noire enregistre tout en permanence. Dans le simulateur, une caméra filme tout afin de confronter le stagiaire à ses propres erreurs. Au final, l'expérience est passionnante. Un seul regret : elle est trop courte !

Cet essai a été réalisé dans le cadre de la manifestation « J'aime le train » qui se tient du 11 au 16 mai 2009 dans toute la France. Outre divers simulateurs sur le territoire, il est également possible de visiter différents postes de contrôles, des voitures de l'Orient Express, des monuments divers, etc. Vous trouverez le programme détaillé pour votre région sur le site web dédié, où vous pourrez également vous inscrire. Ne donnez pas de fausses coordonnées : le courriel de confirmation vous sera demandé, ainsi que, parfois, une pièce d'identité. C'est la cinquième édition de la manifestation, trois ans après la quatrième. Inutile de dire qu'il ne faut pas râter l'occasion !














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