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« Quand
l'homme aura coupé le dernier arbre, pollué la
dernière goutte d'eau, tué le dernier animal et
pêché le dernier poisson, alors il se rendra compte que
l'argent n'est pas comestible », proverbe indien.
Danger: l’informatique, ça pollue!
La durée de vie des
machines diminue sans cesse. Certains,
plutôt que de les recycler coûteusement,
préfèrent les déverser dans des décharges.
Or, compte tenu des matériaux utilisés, un ordinateur en
fin de vie est une véritable bombe environnementale à
retardement. La situation est inquiétante!
Marc Rees
Chaque citoyen se débarrasse d’environ 14 kg de déchets
électroniques par an, dont 90 % finissent
incinérés ou enterrés sans traitement. Le
ministère de l’Environnement nous précise que
jusqu’à présent, « les entreprises de recyclage
voient surtout arriver des PC 386. Il y a un décalage
très important lié à une réutilisation des
machines ». La vague des Pentium ne tardera pas! Or on
trouve de
tout dans un ordinateur: de l’arsenic, du cyanure, des terres rares,
des métaux lourds (plomb, cadmium, etc.). Transmise à
l’homme, cette mixture toxique provoque des lésions graves dans
le système nerveux ou rénal, des cancers ou encore des
affections pulmonaires, lors de l’incinération. En France, le
professionnel est responsable de l’élimination de ses
e-déchets. « Pour un
particulier, c’est la commune qui
doit s’en charger dans sa déchetterie ou, à
défaut, en vous indiquant les coordonnées d’une
entreprise spécialisée », nous informe l’Agence de
l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie.
En pratique, ces biens sont souvent noyés dans la masse des
déchets ménagers. Deux directives doivent changer la
donne. La première responsabilise financièrement les
producteurs de polluants. L’autre directive, complémentaire,
limite voire interdit l’utilisation des substances toxiques dans la
composition des produits. Les surcoûts, évalués
à 1 à 3 % du prix de vente seront, au final,
répercutés sur le dos des consommateurs. Mais, fait
intéressant, ceux-ci pourront rapporter gratuitement leur
vieille machine ou carte (etc.) chez le commerçant qui leur en
vend une nouvelle « reprise un
pour un ». Un logo
spécial identifiera les produits éligibles. Il sera
« apposé d’une
manière visible, lisible et
indélébile ». Craint-on déjà
des
fraudes?
Exportons ces poubelles!
Lorsqu’une entreprise met aux rebuts ses ordinateurs, un bordereau
permet en principe d’en assurer la traçabilité en cas
d’exportation illégale (déchets déguisés en
tant que pièces détachées, etc.). À
l’échelon international, c’est la Convention
de
Bâle de
1989 et son amendement de 1996 qui organisent le contrôle des
mouvements transfrontaliers de ces opérations. Les États
signataires se sont
décidés à ne pas déverser leur pollution
à l’étranger, particulièrement dans les pays peu
industrialisés. Grands absents, les États-Unis ont
refusé de suivre cet engagement alors qu’ils sont les plus
pollueurs au monde! Selon un rapport de la Silicon Valley Toxics
Coalition et du Basel
Action NetWork, une grande masse des
e-déchets récupérés outre-Atlantique est
exportée par containers vers la Chine et l’Inde. Un traitement
qui coûte bien moins cher que recycler chez soi: ces pays
bénéficient d’une main-d’œuvre bon marché et la
législation environnementale est inappliquée. Pour
preuve, la Chine a interdit ce type d’importation depuis 2000 mais,
dans les faits, la situation de Guiyu montre qu’il n’en est rien!
L’e-dépotoirde Guiyu
Guiyu est une communauté de quatre villages située au
bord du fleuve Lianjiang à 200 km au nord-est de Hong Kong. Elle
est devenue, au fil du temps, l’un des principaux dépotoirs
planétaires des déchets informatiques. Livrés dans
un ballet incessant de véhicules, les amoncellements de
carcasses d’ordinateurs, d’écrans, d’imprimantes (etc.) ont
remodelé le paysage. Dans ce bidonville, les habitants se logent
dans des baraques parfois construites à l’aide
d’éléments de PC! Selon le BAN, 100000 personnes,
payées environ 1,50 € par jour, désossent et trient ces
éléments manuellement au mépris des règles
élémentaires de santé publique. Les quartiers se
spécialisent dans une activité: certains
récupèrent le fil de cuivre présent dans les
câbles ou les écrans, éventrés à
l’aide de simples marteaux. D’autres se concentrent sur les toners
d’imprimante, sans aucune protection respiratoire. Les pièces
non récupérables sont brûlées dans des feux
à ciel ouvert. Des enfants sont parfois chargés
d’identifier les « bons » plastiques. À la flamme
d’un briquet, selon l’odeur dégagée par la combustion, le
morceau est recyclé ou jeté! Contenant des retardateurs
de flamme, ces matières sont pourtant ultra-toxiques pour
l’homme.
Sans surprise, les nappes phréatiques et les rivières
sont durablement polluées. Le sol a un pH qui tend vers le
zéro du fait de l’extraction, par acide, des films d’or
présent sur les cartes. On retrouve également des
métaux lourds, ceux-là même décelés
dans les ordinateurs. Les taux mesurés sont plusieurs centaines
de fois supérieurs aux taux maximums définis par
l’Organisation Mondiale de la Santé! L’eau potable est donc
acheminée par camion depuis la ville de Ninjing, située
à 30 kilomètres de Guiyu. Et, à quelques milliers
de là, les containers continuent d’être
expédiés…
Photos
de Basel Action Network
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Une pollution dès la fabrication !
Une étude sur les impacts de l’informatique sur l’environnement
vient d’être publiée par l’Université des Nations
Unies, située à Tokyo. Elle souligne qu’un ordinateur ne
pollue pas seulement lorsqu’il arrive en fin de vie mais,
déjà, à sa naissance. Les chiffres font froid dans
le dos: fabriquer un PC pesant 24 kg (écran compris)
nécessite 240 kg de combustible fossile, 22 kg de produits
chimiques divers et… 1,5 tonne d’eau! À méditer avant de
changer votre PC actuel. |
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