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Paru dans Le Virus Informatique n°37
2018-09-14 00:02
CR

Édito : pourquoi ce Bitcoin n’est pas l’unique monnaie du futur



À la rédaction de Virus Info, nous apprécions le Bitcoin depuis ses débuts. C’est un peu aux monnaies nationales, ce que le logiciel libre est aux logiciels propriétaires, avec une technologie ouverte, une décentralisation, etc.

Le cours du Bitcoin a explosé ces dernières années, surtout en 2017. Et, même s’il a rechuté depuis ses sommets, il reste encore à des montants injustifiés, selon nous, du fait de la spéculation (voire de manipulation des cours). Ses promoteurs – souvent des détenteurs ou intermédiaires ayant intérêt à ce que la valeur du Bitcoin monte – le présentent comme LA solution de l’avenir : une monnaie décentralisée sans contrôle des états et de leurs services fiscaux (ces états arrivent, toutefois, à contrôler de plus en plus les plates-formes faisant les conversions vers les monnaies classiques…), anonymes (c’est faux pour le Bitcoin, à moins de faire le nécessaire pour effacer ses traces, comme avec de la vraie monnaie d’ailleurs), etc. John McAfee, l’inventeur de l’antivirus du même nom, qui s’est recyclé dans cette industrie de la cybermonnaie, prédit un Bitcoin à un million de dollars (tiens, et si c’était le dollar d’États-Unis super endettés qui s’effondrait pour arriver à ce taux plutôt ?). Certains, comme Jack Dorsey, le p.-d.g. de Twitter et de Square, vont jusqu’affirmer que le Bitcoin va remplacer l’ensemble des devises utilisées sur la planète. Penchons-nous maintenant sur les limites physiques dont les promoteurs ne vous parlent pas habituellement.

De nombreuses limites
Le nombre de Bitcoins est techniquement limité à 21 millions, chacun divisible jusqu’à la huitième décimale. Même s’il pouvait y avoir assez de morceaux de Bitcoin pour toutes les transactions de la planète, on se heurte à d’autres murs.
Un mur économique tout d’abord. Alors que le Bitcoin était présenté comme une solution pour éviter les frais bancaires, les transactions en Bitcoin ont vu leur coût exploser. Pour une transaction équivalente à 10 €, le coût de transfert représente environ 50 % (un ordre de grandeur au moment où nous rédigeons ces lignes).
Le nombre d’utilisateurs a également entraîné une explosion de la consommation électrique nécessaire pour faire tourner l’ensemble des serveurs qui recopient la blockchain, le fichier qui récapitule toutes les transactions depuis la toute première (l’espace de stockage nécessaire explose aussi bien sûr, on a déjà dépassé les 160 Go). Aujourd’hui, la blockchain du Bitcoin représente la consommation électrique d’un pays comme l’Irlande, selon certaines estimations. Et, en l’état actuel des choses, les ressources énergétiques de la planète sont plafonnées, les transactions vont se heurter à un mur physique. Il ne faut pas surestimer la sécurité technique du Bitcoin non plus, les sommes investies pourraient disparaître lors d’un piratage. Plusieurs plates-formes stockant les portefeuilles ou permettant les échanges ont été vidées par des pirates, la sécurité étant trop souvent négligée par ces jeunes sociétés. Certes, ce n’est pas un problème du Bitcoin lui-même, mais (pour ceux qui se croient à l’abri parce qu’ils font le stockage eux-mêmes) d’autres attaques sont, théoriquement, possibles. Par exemple, celle qui consiste à prendre le contrôle de 51 % du réseau, sachant qu’une transaction (même fictive) est validée dès qu’elle est recopiée par plus de 50 % des serveurs (cette attaque a déjà réussi contre d’autres cryptomonnaies, contre le Bitcoin ce serait beaucoup plus difficile). D’autres attaques inconnues pourraient voir le jour aussi, à l’occasion de la découverte de failles dans les protocoles. Le Bitcoin repose sur la cryptographie (d’où le nom de cryptomonnaie), la puissance de calcul des ordinateurs allant croissant d’autres attaques (hors de portée pour le moment à notre connaissance) pourrait permettre de casser ce chiffrement, surtout si une faiblesse est trouvée. À moins que le « casse » ne soit dû à l’informatique quantique.

Des améliorations sont possibles
Placer ses économies dans le Bitcoin en prévision d’une grave crise est risqué tant sa volatilité est importante (par rapport à vos achats de tous les jours). Aussi, malgré ce que certains prétendent, détenir des Bitcoin n’est pas une garantie en cas de guerre (militaire ou civile), de catastrophe naturelle, etc. Car les communications peuvent être coupées dans les zones touchées, l’accès à Internet impossible et donc les Bitcoins ne peuvent pas être échangés. Ces critiques concernent le Bitcoin sous sa forme actuelle (d’autres cryptomonnaies sont moins affectées par ces critiques, mais ont elles-mêmes leurs propres inconvénients). Or des améliorations sont possibles, car le Bitcoin évolue, des propositions techniques sont faites, si la majorité des utilisateurs les acceptent, elles sont adoptées, sinon on a affaire à un « fork », un dérivé qui poursuit sa propre voie. Et si le Bitcoin ne relève pas ces défis, une autre cryptomonnaie deviendra plus utilisée. Rendez-vous dans 10 ans !



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