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Paru dans Le Virus Informatique n°43
2020-03-10 00:04
CR

FIFA Street et respect du droit d’auteur : Electronic Arts à la rue



En 2009, un groupe musical africain contactait plusieurs médias. Il accusait l’éditeur de jeux vidéo Electronic Arts d'avoir utilisé, sans autorisation, un de ses morceaux pour la bande sonore de Fifa Street sur PlayStation 2, Xbox 360 et GameCube. Que ce soit de peur de ne pas froisser une société qui les invite à des présentations presse et leur envoie gratuitement des jeux vidéo en avant-première, ou parce que l’accusation paraissait trop grosse pour être vraie, aucune rédaction spécialisée dans les jeux vidéo n’avait suivi l’affaire. Sauf la nôtre.

Depuis plusieurs années déjà, Electronic Arts musclait la bande sonore de ses jeux sportifs en utilisant les musiques d'artistes plus ou moins connus. Cela lui procure un tel avantage face à des produits concurrents (qui doivent se contenter de quelques créations « maison ») que l'éditeur envoie parfois à la presse des communiqués qui ne traitent que de la « track list ».
Surprise pour les membres du groupe ivoirien Sur-Choc lorsqu'ils ont découvert le jeu Fifa Street : ils y ont retrouvé, en effet, leur chanson Fou Oh ou [/i]Fouooo[/i] (aussi connue sous le nom de Ma moitié, avec des différences minimes) extrait de l'album Magnum (la comporta) de 2003, alors qu'ils n'ont jamais donné leur autorisation à l'éditeur nord-américain, affirmaient-ils. Et les auteurs-compositeurs, membres de la SACEM où l'œuvre a été déclarée, n'auraient jamais perçu le moindre centime pour cette utilisation.

Les musiciens alertent l'éditeur de leur album, Eyo Edition & Publishing, qui se rapproche du service juridique d'Electronic Arts, mais ce dernier n'aurait pas pris la demande au sérieux. Et, bien que la simulation de football de rue ait été lancée en mars 2005 (un an avant sa découverte par le groupe) sur PlayStation 2, Xbox et Nintendo GameCube, ce n'est qu’en 2008 que l'affaire a pris une tournure judiciaire. « L'affaire a traîné. Cela ne fait que quelque temps que je suis en charge du dossier », nous expliquait alors Maître Dikpeu Eric Bale, avocat de Sur-Choc et de Eyo Edition & Publishing. Hasard de calendrier ou pas, le groupe musical annonçait un nouvel album pour avril 2009.

Electronic Arts trompée ?
Quoi qu’il en soit, on avait du mal à imaginer le leader mondial (à cette époque) du jeu vidéo piller au grand jour le travail d'artistes, alors qu'il milite de son côté au quotidien contre le piratage par les joueurs de ses propres créations. Selon les plaignants, la société de jeu vidéo se réfugiait derrière un contrat avec un autre éditeur africain, Show Biz, prétendument signé par un des artistes du groupe, or cette signature serait fausse selon ce dernier et, de toute façon, les signatures des autres auteurs auraient été nécessaires pour que le contrat soit valable. En fait, les membres du groupe affirment que cet autre éditeur ne serait distributeur légal que du clip vidéo. Maître Bale ajoutait que cet autre éditeur serait lui aussi assigné, les démarches le concernant prenant plus de temps du fait de la lenteur de la justice en Côte d'Ivoire. La procédure en France n’a pas été rapide pour autant : nous n’en avons plus eu écho pendant des années.

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