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Au
sommaire de ce numéro :
Contourner un firewall avec le HTTP
Tunnelling
Hijackthis : pour
repérer les nouveaux virus « à la main »
mieux que votre antivirus
Hacking
avancé : Hook de niveau noyau sous Windows
La
sécurité des télécommandes radio
Les secrets de la
Freebox
Snort : pour ne pas
être truffé de failles
Faille : des relais
de téléphonies mobiles étrangers... en France !
La guerre
économique moderne sur Internet
Mais aussi : un
lecteur de Pirates Mag’ fait corriger une faille sur un site bancaire,
des chiens dressés pour dénicher les pirates, HP diffuse
un virus sur son site, le donneur de leçons Bill Gates pirate
sur Internet, une nouvelle génération de virus pour
Office/Excel/Word/PowerPoint, un éditeur d’antivirus lance une
alerte bidon, la BSA s’oppose aux logiciels d’occasion, etc. etc.
Bonne lecture !
Edito :
Ou la loi
relative
au droit d'auteur et aux droits voisins dans la société
de l'information (DADVSI) : de pire en pire.
Dans
un précédent édito, nous vous expliquions
qu'à
la veille de Noël et à la surprise générale
l'Assemblée Nationale avait voté la licence
globale qui aurait permis, moyennant une petite taxe, de
télécharger
sans limite sur le Net des documents audio ou vidéo soumis
à
droit d'auteur. Contrairement à de nombreux sites
Internet, nous ne voulions pas nous réjouir trop vite. Et nous
avions raison. Depuis, le projet de loi a été
revoté
par les députés, changeant radicalement de tournure.
Cette fois, ils voudraient que le téléchargement
illicite d'un morceau de musique soit puni de 38 €
d'amende. Devant le Sénat, le texte a encore été
modifié sur le dos des usagers, avant de passer en Commission
mixte paritaire. Tout le long, le ministre de la Culture aura fait
son forcing, donnant à la France une image peu
flatteuse de sa démocratie. Le vote de décembre dernier
passé aux oubliettes n'est qu'un exemple parmi
d'autres. Et l'événement qui vient de se
produire alors que nous allions mettre sous presse ce numéro
ne risque pas d'améliorer cette image aux yeux des
électeurs.
Opposés
à
la dernière mouture du texte, les députés
socialistes ont décidé de saisir le Conseil
constitutionnel. Non seulement, dans leur décision rendue fin
juillet, les « sages » ont rejeté la
plus grande partie de leur argumentation. Mais, en plus, ils ont
décidé de censurer trois points qui profitaient
plutôt
aux usagers.
1.
Dans l'article 24 proposé, on peut lire « Les
dispositions du présent chapitre ne sont pas applicables
à
la reproduction non autorisée, à des fins personnelles,
d'une œuvre, d'une interprétation, d'un
phonogramme, d'un vidéogramme ou d'un programme
protégés par un droit d'auteur ou un droit voisin
et mis à disposition au moyen d'un logiciel d'échange
de pair à pair. Elles ne s'appliquent pas non plus à
la communication au public, à des fins non commerciales, d'une
œuvre, d'une interprétation, d'un
phonogramme, d'un vidéogramme ou d'un programme au
moyen d'un service de communication au public en ligne,
lorsqu'elle résulte automatiquement et à titre
accessoire de leur reproduction dans les conditions visées au
premier alinéa ». Pour le Conseil
constitutionnel, cet article est « contraire au
principe d'égalité devant la loi pénale »
car « dans le cas particulier de l'utilisation
d'un logiciel d'échanges «pair à
pair», qualifiait de contraventions des actes de reproduction
ou de mise à disposition d'œuvres protégées
qui constitueraient des délits de contrefaçon s'ils
étaient commis par tout autre moyen de communication en
ligne ». Résultat, le P2P redevient donc soumis
aux mêmes peines de prison et d'amende que les autres
formes de piratage. Sur ce point, la décision des
« sages »
est logique, c'est plutôt les hommes politiques qu'il
faut blâmer pour leur travail brouillon. Exit les
38 €
d'amendes, la facture pourra s'élever à 3
ans de prison et 300 000 €
d'amende ! Et certains blogs de crier que nous allons donc
tous finir en prison. C'est oublier qu'avec l'ancienne
loi (en fait, l'actuelle, tant qu'elle n'a pas été
modifiée), personne n'a jamais été
condamné à de la prison ferme pour avoir copié
illégalement un CD-Audio sur une cassette ou
téléchargé
quelques chansons protégées sur Internet. Et, sauf si
la France veut s'enfoncer encore plus, les juges continueront
de faire la différence entre celui qui pirate un peu pour son
usage propre et celui qui pirate beaucoup pour revendre des copies.
D'ailleurs, plusieurs tribunaux ont décidé de
relaxer, au titre de la copie privée, des internautes qui
téléchargeaient sur le net...
2.
Dans les articles 22 et 23 soumis, on peut lire, à
plusieurs reprises, une limitation du type : « Ces
dispositions ne sont pas applicables aux actes réalisés
à des fins d'interopérabilité ou de
sécurité informatique, dans les limites des droits
prévus par le présent code ». Le Conseil
constitutionnel les censures à cause, prétexte-t-il, de
la « définition imprécise »
de la notion d'« interopérabilité ».
Or, ce mot est déjà utilisé dans les
articles 13
et 14 qui, eux, ne sont pas censurés. Il figure aussi
dans la directive communautaire que la loi déférée
a pour objet de transposer. Et, depuis des années, dans
l'article L 122-6-1 du Code de la propriété
intellectuelle. Conséquence, si vous achetez un morceau de
musique sur le site d'Apple et qu'il n'est pas lu
par votre baladeur Sony, ce sera tant pis pour vous. De même,
vous n'aurez pas le droit de regarder un DVD-Vidéo sous Linux.
À ce propos, alors que nos ministres
reçoivent
en grandes pompes des Bill Gates ou des acteurs scientologues,
Richard Stallman (le créateur de la licence GPL utilisée
par beaucoup de logiciels libres comme Linux) a
été
refoulé aux portes de Matignon.
3.
Le dernier alinéa de l'article 21 stipulait : « Les
dispositions du présent article ne sont pas applicables aux
logiciels destinés au travail collaboratif, à la
recherche ou à l'échange de fichiers ou d'objets
non soumis à la rémunération du droit
d'auteur ». Pour le Conseil constitutionnel, il
institue « dans des conditions imprécises et
discriminatoires, une cause d'exonération de la
répression prévue par le reste de cet article à
l'encontre de l'édition de logiciels manifestement
destinés à échanger des œuvres sans
autorisation ». Alors qu'on espérait
qu'il allait censurer le texte à cause de l'expression
« logiciel manifestement destiné »
à échanger des œuvres sans autorisation. Car
quels sont ces logiciels ? Ceux de P2P ? de FTP ? de
mail ? de serveur Web ? Aucun de ces logiciels n'est a
priori destiné à pirater !
À quand
la loi pour mettre en prison les fabricants de couteaux de
cuisine ?
Aucun autre
pays
européen n'a transcrit la directive 91/250 en droit
national de cette manière.
En
2007, votons et changeons tout ça !
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