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2007-06-26 21:00

Visite à l’exposition temporaire à La Défense sur l’histoire de l’informatique



Du 5 juin au 8 octobre 2007 se tient sur le toit de la Grande Arche à Paris La Défense une exposition temporaire sur l’histoire de l’informatique professionnelle entre 1940 et 1990. À l’origine de cette initiative, Philippe Nieuwbourg qui explique avoir eu le déclic il y a environ deux ans quand il a présenté à des étudiants un modem acoustique des années 1980 qui relevait pour eux de l’objet non identifié. Il comprend qu’un pan de l’histoire de l’informatique est en train de disparaître. C’est décidé, il va monter son association Antémémoire et sauver les « ordinosaures » !

Il se lance alors dans une collection amassant, selon ses dires (il nous a refusé la visite de son stock), environ 700 objets sur des sites d’enchères, auprès de contacts professionnels, etc. Bien sûr, ces objets ne sont pas tous des ordinateurs : on trouve également des logiciels, des supports de stockage, des périphériques, etc. C’est une partie de cette collection qui serait exposée sur 400 m2 plutôt aérés.

Même si l’exposition est censée couvrir la période 1940-1990, on y trouve quelques objets datant des années 1920 comme des calculatrices. Derrière le panneau, ce sont les cartes perforées utilisées les décennies d’après-guerre. Mais alors que l’exposition est censée ne traiter que l’informatique professionnelle, on arrive devant des machines qualifiées à l’époque de « familiales » (il est vrai toutefois que certains possesseurs en ont eu un usage professionnel) : un ZX81 de Sinclair, un TO7 de Thomson, un PET de Commodore et un TRS-80 de Tandy. Un peu plus loin, un classique Apple II et des moins classiques Apple III et Lisa 2 (l’ancêtre du Mac). En serrant un peu les meubles, il aurait été possible d’exposer au milieu des machines qui ont marqué l’époque : l’Amstrad CPC, l’Atari ST ou le fabuleux Amiga de Commodore.

Les PC ne sont pas oubliés. Bien sûr, il y a un IBM pure souche, mais aussi quelques portables compatibles pouvant aller jusqu’à 15 kg, comme l’Osborne 1. Les machines sont assez connues en fait. Un Apricot portable retient toutefois l’attention ainsi que quelques vieilleries. Un des clous de l’exposition est sans doute une grosse armoire, d’une capacité de... 32 Ko !

Lors de la soirée d’inauguration qui s’est tenue le 6 juin, Philippe Nieuwbourg a annoncé qu’il ouvrirait (pour la fin de l’année 2007 ?) le premier musée informatique d’Europe. C’est oublier le musée Unisys à Bruxelles (Belgique) ou le musée Bolo ouvert en 2002 dans les locaux de la prestigieuse Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL) en Suisse. En France, il se murmure aussi que des fonctionnaires des musées nationaux auraient l’idée de faire de même suite au rachat d’une des plus grosses collections privées d’Europe (plusieurs milliers de pièces).

L’organisateur de l’exposition de La Défense a voulu faire vite. Et cela se ressent sur la qualité. Plusieurs reproches reviennent souvent dans le public : certaines machines sont vraiment sales, beaucoup n’ont aucune fiche de présentation, aucune n’est allumée. Au moins une d’elle - un TO7 - a même un fil d’alimentation coupé. Compte tenu du nombre de micro-ordinateurs Thomson utilisés dans les écoles lors du plan Informatique pour tous (IPT), il était possible d’en trouver un plus présentable. Les pièces les plus rares ne sont même pas protégées derrière des vitrines. Les minuscules cartons « interdit de toucher » seront-ils suffisant pour décourager les curieux ? Inutile de dire que les quelques collectionneurs présents sont outrés par le sort réservé aux machines.

Dans la liste des partenaires, on retrouve justement les associations parisiennes MO5.com et Winter Developement Association (WDA) bien connues dans le milieu des collectionneurs et qui œuvrent depuis plus d’une dizaine d’années à la création d’un musée dédié à l’informatique en essayant de faire bouger l’administration avec les difficultés qu’on imagine.

WDA organise du 19 juin au 13 juillet prochain une exposition avec la mairie de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) consacrée à l’histoire de l’informatique nomade. MO5.com est notamment en train de constituer une collection d’ordinateurs pour la Bibliothèque Nationale et expose régulièrement ses machines ici où là (par exemple, ce sont eux qui sont derrière la vaste collection de consoles de jeux vidéo actuellement exposée au musée des Arts Décoratifs à Paris et une partie des ordinateurs au Musée des Arts et métiers à Paris). Le stockage des pièces chez MO5.com est fait sous la surveillance d’un conservateur des musées nationaux. Les conditions sont draconiennes pour éviter que le matériel ne soit abîmé, néanmoins la collection est assez importante pour que des doublons de modèles courants circulent sur des manifestations à travers tout le territoire, pleinement utilisables par le public.

En ajoutant MO5.com et WDA à sa liste des partenaires, Philippe Nieuwbourg gagne donc en crédibilité. Mais lorsqu’on demande aux responsables de ces deux associations en quoi consiste le partenariat, on apprend qu’il n’existe pas vraiment : les deux associations ont bien proposé leur aide (matériel en prêt, fiches descriptives déjà rédigées, etc.), mais aucune suite n’a été donnée en face !

L’entrée de l’exposition est gratuite mais, pour y accéder, le seul moyen est de prendre l’ascenseur... payant. Le billet étant de 9 € (7,50 € pour ceux bénéficiant d’un tarif réduit) cela risque de faire cher pour le passionné qui ne verra pas grand chose d’inconnu à ses yeux au final. A l’inverse, pour les 20 000 visiteurs mensuels revendiqués par le toit de la Grande Arche venus profiter du panorama, cela sera peut être la cerise sur le gâteau, le moyen de faire découvrir un patrimoine trop longtemps négligé.





















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