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2009-03-04 00:00

Le premier (vrai) musée européen de l'informatique va fêter ses 20 ans (Bruxelles)


Alors qu'une exposition parisienne consacrée à l'informatique trompait le public et les médias en affirmant être historiquement le premier musée d'Europe, le premier vrai musée européen de l'informatique est sur le point de fêter ses 20 ans, ce sera en octobre 2009 plus précisement. Membre du conseil bruxellois des musées, il est hébergé dans les locaux de la société américaine Unisys, qui jouxte le siège de l'OTAN.

Pour des raisons de sécurité, prière donc de laisser une pièce d'identité à l'entrée. Ensuite, il faut plonger dans les entrailles du bâtiment, au second sous-sol. Après tout, c'est sous terre que l'on trouve les fossiles de dinosaures, alors pourquoi pas aussi les « ordinosaures » ? Quelques machines liées à l'informatique, certaines immenses, traînent sous une bâche dans le parking sous-terrain, faute de place dans le musée lui-même. Encore une série de portes et de couloirs plus loin (des travaux au moment de notre visite ont rallongé le trajet), et on se retrouve enfin dans le sanctuaire : une grande pièce de 150 m2, remplie de machines, serrées les unes à côté des autres.


D'immenses machines attendent dans le parking


On arrive, enfin, au musée !


L'écran rougeoyant d'un TD 700 de Burroughs souhaite la bienvenue au visiteur

A l'origine de cette initiative (Unisys possédait à l'époque une autre collection outre-Atlantique, mais celle-ci a été dispersée faute d'intérêt de ses dirigeants), Jacques Laffut qui a débuté sa collection personnelle à la fin des années 1960, constatant l'obsolescence de plus en plus rapide des matériels. A partir de 1961, il occupait en effet dans la société (Unisys est née de la fusion de Burroughs et Sperry en 1986) un poste qu'on qualifierait aujourd'hui de « technico-commercial » spécialisé dans les produits mécanographiques. « Je vendais des systèmes de cartes perforées, des machines comptables. [...] C'était à moi de comprendre les besoins des clients, de les conseiller et même d'installer le matériel ». Un travail prenant puisqu'il confie : « Le soir, on devait programmer à la maison », avant d'ajouter « à cette époque, le logiciel était gratuit ».
Aujourd'hui à la retraite, après être devenu « manager marketing produits » de la société, il est intarissable sur l'histoire de ses machines. « Au fort de Daumon, près de Verdun, il est gravé : "Celui qui ne se souvient pas du passé n'est pas digne du présent" », rappelle-t-il.


L'ambiance du musée


Mise en situation. Souvent les machines sont accompagnées d'accessoires.

Des machines mécaniques...
La collection est constituée de pièces reprises auprès de clients, de dons, de quelques achats sur des brocantes. La première montrée est un boulier chinois. Rapidement, la visite s'enchaîne sur les machines à calculer mécaniques de la fin du 19e siècle, puis les modèles électriques et, enfin, électroniques.
Le musée n'a pas le privilège de posséder la première machine à calculer, la Pascaline mise au point par Blaise Pascal en 1642 (il faudra se contenter de sa photo). Pas plus que la non moins célèbre création de Charles Babbage (elle aussi présentée en photo). Mais on admirera un exemplaire datant de 1910 de la première machine capable d'imprimer, conçue en 1886 par William Seward Burroughs et dont la mécanique se trouve derrière une vitre (Apple n'a rien inventé avec son iMac). Poids : 37 kg ! Rassurez-vous, à côté repose une machine portable de 1920, avec « seulement » 8 kg sur la balance. On continue la progression chronologique avec un peu plus loin une machine de la série M de Moon-Hopkins (1921) capable de faire les multiplications en un seul cycle (jusqu'ici une multiplication était traitée comme une suite d'additions). Pour la petite histoire, Georges Le Maître, le père de la théorie du Bing Bang possédait un tel bijou... La soustraction est longtemps absente elle-aussi, son besoin se faisant moins sentir en comptabilité. Et lorsque cette fonctionnalité est présente, elle double le prix de la machine. Avec un peu d'astuce, des modèles dépourvus permettent quand même cette opération, en utilisant les compléments (le complément sur six chiffres de 756 est 999354, par exemple) et la rotation des compteurs.


Une vitre en bas permet d'admirer la mécanique de cette calculatrice


Une calculatrice électronique avec un design travaillé


Calculatrice électronique Burroughs C3200


Des calculatrices de plus en plus petites

Notre guide nous fait une démonstration d'utilisation d'un clavier : il faut taper le chiffre des unités, celui dizaines sur une autre série de touches numérotées, des centaines, etc. Avec humour, le conservateur explique que la machine est ainsi compatible avec les langues officielles de la Belgique, « vingt et un » à la française et « un et vingt » à la néerlandaise (ou allemande), inversant l'ordre des pressions sur le clavier. Là aussi l'évolution va vers une utilisation simplifiée puisque, quelques mètres plus loin, on s'attarde devant un clavier de 10 touches seulement et une machine de 1953 aux formes arrondies imaginées par Raymond Loewy (également papa de la bouteille Coca-Cola ou du logo Shell, par exemple). L'affichage est à base de chiffres rouges lumineux. Si on regarde bien, on s'aperçoit que les « 1 », « 2 », « 3 » et autres chiffres sont sur différents plans.

... aux microprocesseurs
Et c'est ainsi que petit à petit sur l'échelle du temps, on arrive aux ordinateurs. L'ENIAC, le premier représentant du genre, ne figure lui aussi qu'en photo. De toute façon, il ne rentrerait pas dans le local avec les armoires qui le composent et son poids total de 30 tonnes ! Mais Jacques Laffut n'est pas peu fier de son certificat d'appréciation signé de J. Presper Eckert, l'un des concepteurs de ce fameux dinosaure. A cette époque, point de microprocesseurs ou même de transistors, le composant de base des ordinateurs est la lampe. D'ailleurs, un insecte en plastique suspendu au plafond rappelle l'origine du mot « bug », lorsqu'un de ses congénères faisait griller une lampe et entraînait une erreur de calcul.
Le premier ordinateur à transistors, l'Univac Solid State Computer est représenté, lui, par une de ses mémoires (1953), au look de satellite, capable de stocker 50 000 caractères de 5 bits (c'est original !) avec une vitesse de rotation de 17 600 tours par minute (un bain d'hélium était nécessaire au refroidissement).


Le fondateur et conservateur du musée pose devant une photo de l'Eniac


J. Presper Eckert, un des concepteurs de l'ENIAC, a établi un certificat d'appréciation concernant le musée Unisys


Une mémoire d'Univac Solid State Computer

La visite continue avec des explications sur le premier terminal intelligent du marché, le TC500 de Burroughs, de la taille (et de la forme) d'un bureau, une bruyante trieuse de cartes perforées Univac 1702 en passant par une mémoire virtuelle (B5000) dont le principe est trop souvent attribué à IBM, à tort puisque son modèle naîtra quelques années plus tard. On peut aussi admirer les entrailles d'un vieux et gros (par la taille !) disque dur. Pour accélérer l'accès aux données, il est possible d'augmenter la vitesse de rotation des disques, ou comme ici le nombre de têtes de lecture.


Une partie des machines de la taille d'une armoire


Le premier terminal intelligent, le TC 500 de Burroughs (et un bout du doigt de votre serviteur)


Un B90 de Burroughs (et mon doigt encore, au cas où vous l'auriez raté)


Trieuse de cartes perforées Univac 1702. Heureusement que vous n'avez pas le son !

Enfin, une vitrine permet de constater l'évolution des mémoires et des microprocesseurs, avec des mémoires à tores, des lampes, des transistors... L'avenir pourrait être la mémoire basée sur l'ADN, conclut notre guide sur la base d'un article scientifique issu d'un ancien magazine qu'il nous montre. Un fossile de trilobite, présenté avec humour à côté de ces kilobytes et megabytes, pourrait donc représenter non seulement le passé mais aussi l'avenir !
A noter que, contrairement au musée Bolo de Lausanne, il y a très peu de machines « familiales » des années 1980. Pour celui qui aurait la chance de pouvoir faire les voyages, ces deux visites seraient donc complémentaires.


Une vitrine qui contient des tubes et autres composants


Une partie des machines des années 1980 - le manque de place est évident...

En passant par les machines à écrire
L'exposition de machines à écrire n'est pas moins intéressante sur le plan historique. Un revolver factice à côté, rappelle que leur fabrication fût à l'origine de la fortune de Remington. Des exemplaires de livres d'Agatha Christie et Margaret Mitchell rappellent qu'elles en étaient utilisatrices. La vitrine permet surtout de constater l'évolution et les errements, par exemple au niveau des dispositions de clavier : majuscules et minuscules séparées, ou les voyelles sur la gauche, etc. Mais pour éviter que les tiges des lettres ne se chevauchent, des dispositions (Azerty en France, Qwerty aux USA...), s'imposent de fait comme des standards, sans qu'il y ait besoin de norme pour cela. Et si les claviers électroniques d'aujourd'hui n'ont plus cette contrainte physique, les constructeurs n'ont pas changé la disposition des touches pour autant, ce qui déstabilise souvent les débutants. Sur une des vieilles machines présentées, il faut attendre quelques lignes pour pouvoir lire ce qui a été tapé ! Une autre permet de taper relativement silencieusement, mais elle a fait un flop commercial : il fallait du bruit pour que les superviseurs dans les salles de saisie de l'époque sachent qui travaillait ou pas...


Des machines à écrire

Informations pratiques
Les visites du musée de l'informatique sont gratuites, uniquement sur rendez-vous, pour des groupes allant jusqu'à 10/15 personnes au maximum, avec des explications en français, en néerlandais ou en anglais par le fondateur et conservateur lui-même. Les réservations peuvent se faire par téléphone, fax ou courrier.

Musée de l'informatique
Unisys
Avenue du Bourget, 20
1130 Brussels
arrêt de bus : OTAN

Tél. : (32) 2 728 05 27
Fax : (32) 2 728 07 50

http://www.unisys.com/be/about__unisys/computer__museum.htm
http://www.unisys.com/about__unisys/history/
A lire aussi : Reportage au musée des Arts et Métiers (Paris)
Olivier Aichelbaum


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