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2019-11-02 18:36

Vie privée : l’accusation boiteuse de l’Annuaire français contre le code HTML de Qwant



De nombreux médias ont parlé du conflit judiciaire qui oppose Qwant et la Société nouvelle de l’annuaire français (l’« Annuaire français » dans la suite de cet article). En réalité, ces médias n’ont traité qu’une minuscule partie de l’affaire, sans vraiment se pencher sur ce que la justice a déjà eu en mains.

En effet, ces médias n’ont pour la plupart développé que l’affichage bloqué en 2017 de certaines recherches sur Qwant et ont laissé entendre que, si cette société a fait intervenir la justice, c’est uniquement contre l’alerte sur ce problème. En réalité, ce dysfonctionnement, en partie reconnu par Qwant, ne représentait qu’une toute petite partie d’une très longue lettre de dénonciation envoyée à certains médias (dont notre rédaction) et à des parlementaires (en sus de centaines de messages postés contre Qwant sur Twitter) qui est au cœur de la procédure judiciaire. Ces médias semblent s’étonner que la justice invoque un dénigrement, mais combien de ces médias ont souligné que, dans ce principal document, l’Annuaire français a utilisé des mots comme « poubelle » pour parler de son concurrent ? Nous ne savons pas si les enquêtes ont été tronquées par un manque de compétence technique pour juger le reste, un manque de moyens et de temps, une volonté de « faire la peau » de Qwant ou d’autres raisons, mais il en résulte des articles biaisés, à charge contre Qwant. D’ailleurs, avec ses centaines de pages de constat d’huissier concernant le « bogue de 2017 », et aucune preuve satisfaisante à nos yeux sur de nombreux autres points, c’est comme si l’Annuaire français avait cherché à détourner, en vain, l’attention du tribunal aussi.

Dans cette longue lettre de dénonciation figure notamment l’accusation que Qwant, qui promet de respecter la vie privée de ses utilisateurs, transmettrait en fait ces informations à… son concurrent Google. La défense de la vie privée sur Internet étant une de nos préoccupations, c’était un point que nous voulions particulièrement vérifier.

Voici l’extrait en question, que nous allons analyser plus loin :

En 2013, a son lancement, Qwant n'a jamais eut l'intention de protéger les données personnelles de ses utilisateurs. Pour preuve, le code Google Analytics (celui qui capte toutes vos données personnelles (vous savez, la pub de Qwant)) étaient sur l'ensemble des pages du méta-moteur Qwant tout le long de l'année 2013, et non pas 5 minutes comme certains veulent le faire croire (Laurent Bourely SEO-copie d'écran de l'échange sur twitter).
 
Il existe un site mondial très connu des spécialistes (les vrais), qui enregistre presque toutes les pages du web et leurs modifications : https://www.archive.org . Il possède un index de 351 mille milliards de pages (10 fois plus que Google)... Merci a eux de cette ressource gratuite pour le monde entier, comme wikipédia. Donc, il est préférable d'éviter de mentir sur les historiques, web archive joue son rôle presque d'huissier …
 
« Qwant revendique la préservation des données personnelles en n’étant pas doté de système de traçage et d’enregistrement des cookies. » pouvais lire sur les communiqués de l'époque adressé a la presse : https://fr.softonic.com/articles/2013-08-01-alternatives-google-4-moteurs-de-recherche-anonymes-securises
 
Et l'on retrouve bien le code Google Analytcis sur les pages de Qwant en 2013, puis il disparaît de 2014 à 2015, puis réparait dès 2016 jusqu'a ce jour encore dans de nouvelles versions.
 
En 2016, ce n'est plus du Google Analytics mais du Google-site-vérification :
On se pose la question terrible :  Google-site-vérification est utilisé pour valider l'inscription et la gestion des statistiques du sites Qwant, mots clés etc dans Google Search Console. Pour que Google puisse fournir des stats, il lui faut des données...
Que fait un tel code Google dans les pages de Qwant, quelle est son utilité pour une société qui se présente a des réunion de Sécurité Numérique Nationale à l'OTAN et crie a l'anti-google dans toutes les commissions Européennes?
 
Depuis 2017, c'est un nouveau code Google qui apparaît dans Qwant :
le pire, celui du logiciel espion Google Chrome et l'extension pour lui qu'a créé Qwant... Des milliards de requêtes d'internautes, au moins ceux qui ont installé Qwant, croyant selon le descriptif qu'en allant sur Qwant, ils seraient protégés...
 
Le code Google sur Qwant enregistré par webarchive :
• –le 12 avril 2019 : https://web.archive.org/web/20190412235216/https://www.qwant.com/
• –30 Aout 2018 : https://web.archive.org/web/20180830221523/https://www.qwant.com/
• 19 Novembre 2016 : https://web.archive.org/web/20161119145549/https://www.qwant.com/
• –30 Septembre 2016 : https://web.archive.org/web/20160930203504/https://www.qwant.com/
• –21 Novembre 2013 : https://web.archive.org/web/20131121031643/http://www.qwant.com/
• –24 Avril 2013 : https://web.archive.org/web/20130424094344/http://www.qwant.com/
• – 
Voilà, ce n'est pas un code laissé 5 minutes qui envoie l'IP et la géolocalisation et tout le reste de l'utilisateur de Qwant à Google, mais depuis des années...

(Fin de citation)

Les liens vers archive.org sont accompagnés de cette capture d’écran, où un bout de code HTML est mis en évidence par l’Annuaire français.



En 2013, Qwant n’avait pas encore misé sur la défense de la vie privée de ses utilisateurs pour se démarquer sur le marché. Les critiques de cette époque sont parfaitement justifiées. Et, aujourd’hui, ainsi que nous l’avons vu dans Virus Info 40, il est plus que légitime de pointer aussi du doigt l'extension de Qwant pour Chrome. Mais, pour le reste, les accusations sont plus que sujettes à caution.

Ainsi l'Annuaire français affirme « Et l'on retrouve bien le code Google Analytcis sur les pages de Qwant en 2013, puis il disparaît de 2014 à 2015, puis réparait dès 2016 jusqu'a ce jour encore dans de nouvelles versions. » Or, c’est faux, le code « espion » de Google Analytics n’a pas été réactivé en 2016.

Juste après, expliquant que le code espion de Google Analytics a été remplacé par le code Google-site-vérification, l’Annuaire français ajoute : « On se pose la question terrible : Google-site-vérification est utilisé pour valider l'inscription et la gestion des statistiques du sites Qwant, mots clés etc dans Google Search Console. Pour que Google puisse fournir des stats, il lui faut des données… Que fait un tel code Google dans les pages de Qwant, quelle est son utilité pour une société qui se présente a des réunion de Sécurité Numérique Nationale à l'OTAN et crie a l'anti-google dans toutes les commissions Européennes? » On pourrait croire que Google-site-vérification est, donc, aussi un code espion, or il n’en est rien, aucune information n’est remontée sur les visiteurs de Qwant vers Google (les statistiques fournies ne sont que pour les visiteurs qui quittent Google vers Qwant) et l’Annuaire français, qui revendique plus de 20 ans d’expérience, ne peut l’ignorer. Nous ne sommes pas dupes pour croire qu’il se pose vraiment une question, mais, s’il avait des doutes et s’il était de bonne foi, il aurait posé la question à Qwant directement en priorité, avant d’alerter éventuellement des parlementaires.

Ensuite, l’Annuaire français déclare : « Depuis 2017, c'est un nouveau code Google qui apparaît dans Qwant :
le pire, celui du logiciel espion Google Chrome et l'extension pour lui qu'a créé Qwant...
 » Si l’extension de Qwant pour Chrome est une hérésie, le code HTML montré du doigt est, lui, inoffensif : l’utilisateur de Qwant transmet éventuellement ses informations à Google, s’il clique sur le lien présent dans la page de Qwant et arrive chez Google. C’est le b.a.-ba du fonctionnement du Web, sur n’importe quel site Web. Or cette volonté d’accuser le code HTML de Qwant ne fait aucun doute quand on lit la suite de la lettre de l’Annuaire français après des extraits du code HTML pour diverses années : « Voilà, ce n'est pas un code laissé 5 minutes qui envoie l'IP et la géolocalisation et tout le reste de l'utilisateur de Qwant à Google, mais depuis des années... » Si l’Annuaire français s’en prenait uniquement à l’extension du navigateur plutôt qu’à son code HTML, il aurait indiqué par tel ou tel document la date de lancement de cette extension : par exemple, dans la « boutique » d’extensions pour Chrome, celle de Qwant a des avis d’utilisateurs déposés depuis 2015.



Peut-on croire qu’une personne, qui se présente comme expert avec plus de 20 ans d’expérience, se soit mélangées les pinceaux dans plusieurs paragraphes de suite ? Que le courrier de dénonciation n’a pas été relu et corrigé de telles erreurs avant envoi ? À moins que l’expertise n’ait été exagérée et que le lanceur d’alerte autoproclamé pensait réellement que les codes HTML en question remontent des informations sur les visiteurs de Qwant à Google ? Mais l’hypothèse d’un courrier volontairement mensonger avec intention de nuire n’est pas non plus à exclure, nous-mêmes avons été la cible du personnage au tribunal alors que nous n’y sommes ni partie, ni témoins.

N'oublions pas qu'il s'agit d'un courrier destiné à des parlementaires qui n’ont pas forcément de formation en informatique, qui peuvent être impressionnés par le coté technique avec les extraits de code HTML, mais sans rien comprendre ce qui est vraiment fait par ce code. Contestant de manière agressive nos remarques sur la véracité de ses accusations, l’Annuaire français a fini par déclarer que nous n’avons pas « la version finale adressée au parlementaire », puis, bien plus tard, par admettre une « phrase mal formulée » et qu’il aurait dû « mettre une virgule après Google ». Nous ne savons pas après quelle occurrence de « Google » cette virgule aurait dû être placée pour que son propos dans la lettre devienne vrai, il n’a pas voulu nous le dire. Aussi, nous, nous n’avons jamais été destinataire d’une nouvelle version corrigée, aucune autre version ne figure dans les pièces sur lesquelles la justice a eu à trancher jusqu’ici. L’Annuaire français a refusé, malgré plusieurs demandes, de nous envoyer cette prétendue nouvelle version et la preuve qu’il l’a envoyée aux autres destinataires de la version d’origine. Des doutes sont donc permis sur l’existence d’une version corrigée de la lettre de dénonciation.

La liste des autres accusations portées par l’Annuaire français contre Qwant est encore très longue (et pas toujours plus fiable…), la justice aura fort à faire pour démêler le vrai du faux lors de sa procédure sur le fond.

De manière cocasse, alors que l’Annuaire français accusait son concurrent de remonter des informations sur ses utilisateurs vers Google, au mépris du règlement européen pour la protection des données (RGPD), c’est cette société accusatrice qui remontait avec son site Web des informations à Google sans laisser le choix à ses utilisateurs de s’y opposer.

[hr]

Un déroulement judiciaire classique
Évoquant trois ou quatre procès selon les cas, l’Annuaire français parle d’un acharnement judiciaire de la part de Qwant contre lui. En réalité, ils ne s’agit que des différentes étapes d’une même affaire. La justice étant encombrée, un jugement sur le fond n’interviendra au mieux que dans plusieurs mois. Qwant a donc tout d’abord assigné son concurrent en référé (une procédure d’urgence pour faire cesser un trouble apparent) en invoquant le dénigrement. Dans une décision qu’on peut considérer à caractère temporaire en attendant le jugement de fond, le tribunal a ordonné à l’Annuaire français d’arrêter son dénigrement, mais dans sa grand générosité le juge a décidé de ne pas prononcer d’astreinte en cas de nouveaux débordements. L’Annuaire français a fait appel (il n’en était pas obligé), ce qui va ramener l’affaire au tribunal ce 25 novembre. En attendant, l’accusé a méprisé l’ordonnance du juge et récidivé. Qwant a donc dû demander au juge de l’exécution d’intervenir en juillet dernier afin d’enfin prononcer une astreinte, qui est désormais de 5 000 € par message répréhensible. Si l’Annuaire français avait cessé son acharnement contre Qwant comme le tribunal l’avait exigé au départ, cette étape judiciaire aurait été évitée. Enfin, il y aura sans doute une quatrième procédure, sur le fond cette fois, pour savoir qui dit la vérité : Qwant ou l’Annuaire français qui affirme que son concurrent n’est qu’une arnaque, une société qui n’a pas d’index, mais seulement deux armoires de serveurs qui sous-traitent les recherches à Microsoft ? Procédure qui pourra, peut-être, être suivie d’un appel à son tour, voire de cassation sur demande de l’une des parties.


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